SANTÉ –CLIMAT: La chaleur, facteur de risque de diarrhée chez l’enfant
Encore sous-estimée, la chaleur extrême est un facteur de risque de diarrhée chez l’enfant. C’est la conclusion d’une étude sénégalaise présentée hier par Mory Touré, climatologue à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) lors de la Réunion annuelle Countdown to 2030 qui se tient du 29 juin au 3 juillet 2026 à Addis-Abeba.
Menée entre 2020 et 2025 sur l’ensemble du territoire national dans le cadre du Programme Countdown to 2030, l’étude a croisé des données climatiques, sanitaires et socio-économiques avec l’appui de l’Intelligence artificielle. Présentée hier par le climatologue à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) lors de la Réunion annuelle Countdown to 2030 qui se tient du 29 juin au 3 juillet 2026 à Addis-Abeba, elle démontre que la diarrhée infantile n’est pas seulement un problème de pauvreté, ni un problème sanitaire, ni un problème d’eau. C’est aussi un problème climatique. Pour Mory Touré, les enfants qui vivent dans les zones les plus vulnérables subissent les effets de la chaleur les plus élevés. Dans l’étude, ils ont pu identifier des niveaux de chaleur associés à des augmentations d’écart de diarrhées chez les enfants. ‘’L’aspect socio-économique, la vulnérabilité d’un ménage peut facilement amplifier les cas de diarrhées. Mais la chaleur aussi peut contribuer à des cas de diarrhées, bien que la vulnérabilité est plus élevée que la chaleur. Les résultats ont montré qu’effectivement, la chaleur contribue à certains cas de diarrhées chez les enfants vulnérables’’, révèle le climatologue. Qui conseille d’agir avant que les enfants n’arrivent dans les structures de santé.
L’étude montre également que les enfants qui vivent dans les zones les plus vulnérables peuvent avoir les effets les plus élevés. Ce qui veut dire que la vulnérabilité joue un rôle très important dans les cas de diarrhées chez les enfants dans les zones calmes, surtout en période de chaleur. Des niveaux de chaleur qui permettent aujourd’hui aux services météorologiques ou climatiques notamment l’Anacim et au ministère de la Santé et de l’hygiène publique ont pu être identifiés selon le climatologue. Soutenant que s’il y a un tel degré de chaleur avec des cas de diarrhées, ces cas peuvent être amplifiés à cause de la chaleur. ‘’C’est un outil important qui permet aujourd’hui à contribuer à l’anticipation de ces cas de diarrhées chez les enfants’’, explique-t-il. A son avis, ces résultats vont nous permettre aujourd’hui d’anticiper aux risques, mais également de protéger les enfants. ‘’Ces seuils peuvent déclencher des actions préventives avant que les enfants ne tombent malades. Les institutions ou les structures sanitaires et climatiques doivent faire quelque chose. Le ministère de la Santé et de l’hygiène publique actuellement n’a pas d’excuses pour ne pas intégrer le climat dans les stratégies de prévention des maladies, que ce soit les maladies des enfants ou des personnes vulnérables’’, soutient M. Touré.
Et d’ajouter que l’Anacim a commencé depuis 2020, à mettre en place des prévisions basées sur les impacts sanitaires. Cet outil permet de mieux protéger les enfants. Mais également, précise Mory Touré, le Sénégal a besoin d’investissements sur le système d’aide précoce climat-santé venant du gouvernement ou des investisseurs. Car dans l’Est du Sénégal, où les températures dépassent régulièrement 45°C, la chaleur extrême explique 12,2% de la variabilité de la diarrhée infantile. Et ce, ‘’indépendamment de la saisonnalité et de la vulnérabilité socio-économique ‘’, précise Mory Touré. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le changement climatique pourrait causer 250 000 décès supplémentaires par an. En Afrique, cette crise est déjà une réalité. Sur ce, il recommande l’intégration des données climatiques dans la surveillance des diarrhées par le ministère de la Santé ; la production et la diffusion des alertes chaleur orientées santé par l’Anacim.
Viviane DIATTA

