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LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR LA SITUATION SANITAIRE ET SOCIALE: Mballo Dia Thiam appelle Diomaye Faye à agir

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, Mballo Dia Thiam, président de l’ASAS And Gueusseum, tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire et sociale du pays. Il réclame notamment un renforcement des investissements, une meilleure prise en charge des personnes vulnérables et des moyens à la hauteur des ambitions affichées par l’État.

La situation sanitaire et sociale du Sénégal préoccupe l’ASAS And Gueusseum. Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, son président, Mballo Dia Thiam, dresse un tableau sombre du secteur et invite Bassirou Diomaye Faye à prendre des mesures fortes. Usant de la métaphore météorologique, le syndicaliste estime que « le ciel du système sanitaire et social est lourdement chargé ». Les mouvements de grève, les perturbations récurrentes et les tensions dans le secteur constituent, selon lui, autant de signaux d’alerte pour un système déjà confronté à de profondes difficultés.

Mballo Dia Thiam s’interroge notamment sur les conséquences du passage du ministère de la Santé et de l’Action sociale au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Si cette nouvelle architecture est présentée comme une volonté de renforcer la prévention, il estime qu’elle s’est accompagnée d’un affaiblissement de la place accordée à l’action sociale, malgré les recommandations issues des premières Assises de l’action sociale de 2008.

Handicap et protection sociale au cœur des préoccupations

Le président de l’ASAS And Gueusseum interpelle également le chef de l’État sur la prise en charge des personnes vivant avec un handicap. Selon les chiffres qu’il avance, environ 100 000 cartes d’égalité des chances auraient été délivrées depuis 2014, pour une population potentiellement bénéficiaire estimée à près de trois millions de personnes. Il déplore également la disparition, depuis près de deux ans, des bourses de sécurité familiale, une situation qui aurait aggravé la précarité de nombreux ménages. Pour le syndicaliste, ces difficultés contrastent avec les ambitions affichées en matière de soins de santé primaires, de santé communautaire et de protection des populations vulnérables.

Face à cette situation, And Gueusseum réclame un véritable changement d’échelle dans les investissements consacrés à la santé et à l’action sociale. « Le temps n’est plus aux simples annonces. Il est à la cohérence entre les ambitions, les moyens et les résultats. Pour la santé, pour l’action sociale, pour les travailleurs et pour les populations, il est temps d’agir », martèle Mballo Dia Thiam.

Le financement, « nœud du problème »

Pour le responsable syndical, la question du financement constitue l’un des principaux obstacles au redressement du système. Il relève que le secteur de la santé disposerait d’environ 217 milliards de FCFA, soit près de 3% d’un budget national estimé à 7 000 milliards de FCFA. Une enveloppe qu’il juge insuffisante au regard des ambitions en matière de couverture sanitaire universelle, de prévention, de santé communautaire et d’amélioration de la qualité des soins.

Mballo Dia Thiam considère ainsi que la multiplication des programmes et la construction d’infrastructures ne peuvent suffire sans ressources humaines, équipements, médicaments et budgets de fonctionnement adéquats. « La construction ou la réhabilitation d’un établissement de santé ne saurait, à elle seule, constituer une politique sanitaire aboutie. Un établissement sans personnel suffisant, sans équipements adéquats, sans médicaments disponibles et sans budget de fonctionnement à la hauteur de ses missions risque de devenir une coquille institutionnelle plutôt qu’un véritable instrument de santé publique », prévient-il.

Il rappelle enfin que la prévention et la santé communautaire nécessitent également des investissements soutenus dans les ressources humaines, la surveillance épidémiologique, la vaccination, l’éducation sanitaire, la santé scolaire et la prise en charge des déterminants sociaux de la santé.

Viviane DIATTA