FONDS SPÉCIAUX: Sonko ouvre la boîte noire, le couvercle tremble
Ousmane Sonko clarifie sa position sur les fonds spéciaux, communément appelés « caisses noires ». Lors de son entretien quelques médias, dimanche soir, le président de l’Assemblée nationale a assuré ne pas réclamer leur suppression, mais un contrôle plus rigoureux. Il a également demandé des explications sur le retrait de plus de 3 milliards de FCFA des fonds de la Primature entre mars et avril.
Ousmane Sonko revient sur la polémique autour de ses déclarations sur les fonds spéciaux. Le leader de Pastef estime que ses propos ont été sortis de leur contexte. « Mes propos ont malheureusement été tronqués. J’avais dit que si c’est pour confier ça à une personne sans aucun contrôle et qu’elle peut même le brûler, c’est haram », a expliqué l’ancien Premier ministre qui reconnaît toutefois la nécessité pour l’État de disposer de ressources pouvant être mobilisées rapidement pour certaines missions stratégiques. « Il faut reconnaître que dans chaque pays, il y a des secteurs très sensibles, comme le renseignement et l’espionnage, qu’on doit gérer dans l’urgence et dans la discrétion », a-t-il indiqué.
Pour lui, le problème réside donc moins dans l’existence de ces fonds que dans l’absence de mécanismes de contrôle. « Ces fonds, s’ils sont contrôlés, c’est bien. S’ils ne sont pas contrôlés, c’est ‘haram’. C’est ce que j’ai dit. Il faut qu’on les contrôle », a-t-il insisté, rappelant que cette orientation figurait déjà dans le programme Jotna de 2019 et dans celui porté par Bassirou Diomaye Faye en 2024. « Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », a-t-il martelé.
Plus de 3 milliards retirés entre mars et avril
Ousmane Sonko a surtout soulevé des interrogations sur la gestion passée des fonds de la Présidence et de la Primature. Selon lui, la Présidence disposait de plus de 7 milliards de FCFA avant l’alternance. « La Présidence avait au fond 7 milliards et plus. Quand le président est arrivé, son prédécesseur avait tout vidé », a-t-il affirmé.
Il évoque également une opération de plus de 3 milliards de FCFA concernant la Primature. « Entre mars et avril, ils ont pompé plus de 3 milliards sur le compte des fonds de la Primature », a-t-il déclaré. Selon son récit, ses démarches pour obtenir des éclaircissements n’ont pas encore abouti. « On a demandé à l’ancien DG, qui nous a dit de poser la question à l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba. Je l’ai appelé, mais depuis, il ne m’a pas donné les explications », a-t-il rapporté.
Le cas du CESE remis sur la table
Ousmane Sonko est également revenu sur la gestion passée des ressources du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il affirme que trois comptes auraient été ouverts et auraient enregistré 2,136 milliards de FCFA dans des conditions ayant suscité des observations de l’Inspection générale d’État (IGE). « Lorsque j’ai reçu les rapports de l’IGE, j’ai transmis à la justice. Ça n’a pas plu à tout le monde, a-t-il déclaré. Ce sont des faits graves. On va voir la suite ».
Enfin, abordant la déclaration de patrimoine, Ousmane Sonko a plaidé pour des règles applicables à tous les responsables concernés, sans distinction. Il a également contesté les chiffres circulant publiquement sur l’importance de son propre patrimoine.
Mame Ndella FAYE

