LA CHRONIQUE DE MLD: Pape Thiaw vendange l’opium du peuple
Plus qu’une déconvenue, la campagne américaine des Lions du Sénégal a finalement viré à la Bérézina par la faute d’un Pape Thiaw peu inspiré, têtu , limité dans ses choix tactiques voire incompétent.
Le calice bu jusqu’à la lie lors de la partie cauchemardesque remportée par une Belgique veinarde sonne à la fois comme une honte pour le Sénégal et l’Afrique. Mal nommer les choses ajoute toujours au malheur du monde.
De ce point de vue, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que le coach Pape Thiaw souffre effectivement d’une incompétence chronique. En 4 matchs livrés dans la plus grande compétition sportive de la planète, l’homme dont le nom est sur toutes les lèvres des supporters, a étalé toutes ses carences tactiques.Il a lamentablement perdu à la fois contre la France la Norvège et la Belgique. La large victoire 5/0 contre l’Irak était plutôt le résultat d’un sursaut d’orgueil des joueurs, pas le fruit de la science d’un technicien visiblement dépassé par le niveau de cette grand’ messe du foot mondial.
Autrement dit, Thiaw n’a jamais su relever le défi de se mettre au moins au même niveau que ces trois sélections européennes qui nous ont damé le pion.
Passionnés du sport- roi,les Sénégalais encore groggy, se sont réveillés ce jeudi le cœur lourd, tentant de refaire le match dans leur tête pour en décrypter les temps faibles de nos favoris.Une manière de faire du refoulement afin d’aboutir rapidement une guérison psychologique que tout le monde appelle de ses vœux. Surtout que le scandale de Caire 86 ou encore celui de Tamalé ( Ghana 2008) ont laissé des traces indélébiles dans notre subconscient.
Le regretté Pape Diouf ancien Président de l’Olympique de Marseille avait raison de dire que « le football c’est bien plus qu’un jeu » dans son ouvrage- éponyme. Et puis, au même titre que Karl Marx qui soutenait que la religion est l’opium du peuple, le football reste également une addiction qui sait provoquer un traumatisme collectif en cas de déroute. C’est la raison pour laquelle la défaite essuyée contre la Belgique renvoie l’image d’une pilule difficile à avaler.
Clairement !
Par ailleurs Pape Thiaw a la malchance d’avoir affaire à un peuple de connaisseurs. Ce qui ajoute à la complexité du dossier.
Il est évident que parler maintenant du limogeage imminent de Pape Thiaw revient sincèrement à enfoncer des portes ouvertes tant la gestion catastrophique du Mondial par l’ancien technicien de Niarry Tally saute aux yeux pour finir de le decrédibiliser.
D’ores et déjà, les 18 millions de sélectionneurs sénégalais ont commencé à faire des plans sur la comète. Le plus marrant et burlesque à la fois, c’est que l’idée de faire recours à un coach étranger est fortement agitée. Elle a fait le tour de la toile. Un sentiment un tantinet paradoxal surtout au moment où Aliou Cissé et Pape Thiaw dans une moindre mesure, avaient fini d’effacer le mythe du sorcier blanc par leurs performances de haut vol sur le banc des Lions. Ces deux coachs locaux ayant notamment remporté la CAN respectivement en 2022 et en 2026.
Oui, le cauchemar américain est tellement préoccupant que ce peuple désabusé manque visiblement de repères. Qui a la place de Pape Thiaw ? Qui pour raviver la flamme des victoires fédératrices pour un pays qui a une soif inextinguible de joie collective en ces temps de crises multiformes ? Autant d’interrogations dont les réponses concrètes et positives permettront un véritable sursaut national.
En attendant, tout le monde s’attend à un grand déballage au retour de la délégation sénégalaise.Surtout que l’amateurisme de la fédération de football est décriée par tous les puristes d’autant que cette instance dirigeante n’avait même pas eu la courtoisie et la rigueur de signer le nouveau contrat du coach avant d’embarquer pour l’Amérique. Sans oublier les problèmes liés à la restauration des joueurs et aux primes. Avec de telles légèretés soulevées suite au match contre la France, il faut avoir le courage d’affirmer que ce n’était pas la meilleure manière de mettre la tanière dans les meilleures conditions de performance. Le diable est dans les détails.

