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AQUAGYM EN MER : « HÔPITAUX FLOTTANTS » DE NGOR, OUAKAM, TERROUBI, PONT BOU BESS ET RUFISQUE

Quand la mer devient une salle de soins à ciel ouvertÀ Ngor, Ouakam, Terroubi, Pont Bou Bess et Rufisque, la mer n’est plus seulement un lieu de baignade ou de pêche. Elle s’est transformée en un vaste espace de rééducation et de thérapie naturelle. Sous l’impulsion de Ndiamé Sambe, ancien sapeur-pompier devenu spécialiste du sport santé, ces sites accueillent chaque jour des dizaines de personnes souffrant de douleurs articulaires, de séquelles d’AVC ou de troubles du nerf sciatique. Ici, l’eau salée soigne, les vagues apaisent et le mouvement devient remède.

« L’aquagym, en particulier en mer, est bien plus qu’un sport. C’est un outil puissant pour la santé publique, un levier de prévention et un vecteur de lien social », explique Ndiamé Sambe, fondateur du centre Les Dauphins de Ngor.Pour lui, la mer offre des vertus thérapeutiques uniques : « L’eau de mer est riche en minéraux, excellente pour les articulations, la peau et la circulation. Les vagues renforcent naturellement les muscles sans traumatisme, tandis que l’air marin, pur et vivifiant, stimule le système respiratoire », souligne-t-il.Contrairement aux piscines confinées, ces « hôpitaux flottants » s’appuient sur les éléments naturels pour guérir. L’approche séduit médecins et patients, car elle conjugue les bienfaits du sport et ceux du milieu marin.

Gratuit, accessible et encadré : la santé pour tous

L’une des clés du succès, selon Ndiamé Sambe, réside dans la gratuité et l’accessibilité des séances. « Nous avons voulu créer un cadre sécurisé, ouvert à tous – jeunes, adultes, seniors – avec des maîtres-nageurs formés dans notre école. Les gens viennent en confiance, et les résultats parlent d’eux-mêmes », renseigne-t-il.De nombreux pratiquants ont constaté une baisse de l’hypertension, une meilleure mobilité, moins de douleurs. Certains médecins, intrigués, sont venus tester l’aquagym eux-mêmes avant de la prescrire à leurs patients.

« Aujourd’hui, plusieurs praticiens la recommandent comme complément thérapeutique », confie le précurseur.Un modèle de sport-santé et de solidaritéAu-delà des exercices dans l’eau, les programmes du club Les Dauphins de Ngor incluent la marche sur la plage, la gymnastique avec bâtons ou encore l’aérobic en musique. « Notre objectif est de promouvoir un sport accessible, joyeux et efficace, quel que soit l’âge ou la condition physique », explique Ndiamé Sambe.

Pour lui, l’aquagym est bien plus qu’une discipline sportive : c’est un modèle de société. « Ce que nous avons construit, c’est un espace d’inclusion et de solidarité. Ici, chacun soigne son corps et son esprit gratuitement, en toute dignité », se réjouit-il.

Des « hôpitaux aquatiques » qui redonnent espoir

De Ngor à Rufisque, ces centres sont devenus de véritables « hôpitaux aquatiques à ciel ouvert ». Des lieux où les malades retrouvent non seulement la santé, mais aussi la confiance et la joie de vivre.À marée haute, les vagues rythment les séances. À marée basse, les rires et les encouragements résonnent entre deux séries d’exercices.L’eau salée apaise, le collectif motive, et la mer devient la plus belle des thérapies.« L’aquagym en mer, c’est la preuve qu’avec un peu d’eau, de mouvement et beaucoup d’humanité, on peut transformer la souffrance en sourire », clame Ndiamé Sambe.

Mamadou Lamine CAMARA