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CORRUPTION: Les dénonciations se multiplient depuis la loi de protection des lanceurs d’alerte

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L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a enregistré une augmentation notable des signalements de faits présumés de corruption depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2025-13 du 4 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte. C’est ce qu’a révélé hier son président, Moustapha Ka, à l’ouverture d’un atelier de partage et de vulgarisation organisé en partenariat avec la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF).

Prévue sur deux jours, cette rencontre réunit des représentants de l’administration publique, des organisations de la société civile, des médias ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la prévention et la lutte contre la corruption. L’objectif est de mieux faire connaître le contenu de la nouvelle législation, les critères d’éligibilité au statut de lanceur d’alerte, les procédures de signalement et les mécanismes de protection accordés aux dénonciateurs de bonne foi.
« Depuis l’adoption de cette loi, nous constatons une hausse des signalements de corruption. Les citoyens se sentent désormais davantage en sécurité pour dénoncer les pratiques illicites », a déclaré Moustapha Ka qui a insisté sur la nécessité pour les citoyens de maîtriser les dispositions du texte. « Il faut que les populations comprennent qui peut être considéré comme lanceur d’alerte, quelles sont les conditions requises, quelles protections sont offertes et quelles sont les obligations de l’OFNAC une fois les informations reçues », a expliqué le président de l’OFNAC.
Pour illustrer la portée concrète de cette loi, le magistrat a révélé avoir reçu récemment une demande de protection d’un lanceur d’alerte se disant menacé après avoir effectué un signalement. « Nous avons immédiatement pris les dispositions nécessaires », a-t-il assuré, précisant que les mesures de protection sont adaptées au niveau de risque encouru par chaque dénonciateur.
Représentant la PPLAAF, Mathy Pen a salué ce qu’elle considère comme une avancée législative historique pour le Sénégal et, plus largement, pour l’Afrique. Selon elle, de nombreuses personnes disposant d’informations d’intérêt public continuent de garder le silence par peur de représailles professionnelles, judiciaires ou sociales. « La loi change la donne sur le plan juridique. Mais une loi seule ne suffit pas. Pour être pleinement effective, elle doit être connue, comprise et appliquée », a-t-elle souligné.

Récompense : jusqu’à 10% des sommes récupérées
Elle a également exhorté les journalistes et les organisations de la société civile à se familiariser avec les procédures de signalement afin de mieux accompagner les lanceurs d’alerte tout en préservant leur sécurité.
Au-delà des mécanismes de protection, l’OFNAC a invité les citoyens à s’approprier les dispositions d’incitation prévues par la loi. Celle-ci prévoit notamment l’octroi d’une récompense financière équivalente à 10% des montants effectivement recouvrés par l’État à la suite d’une dénonciation ayant permis de mettre au jour des faits de corruption ou de détournement.
Une mesure qui vise à encourager davantage la participation citoyenne dans la lutte contre la fraude et la corruption, tout en renforçant la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Mame Ndella FAYE