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JUSTICE ET INNOVATION: Le numérique au service d’une justice plus efficace

Le gouvernement entend faire du numérique et du dialogue les principaux leviers de modernisation de la justice sénégalaise. Présidant, samedi, l’Assemblée générale de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a réaffirmé que la justice constitue l’un des fondements de la République et un pilier essentiel de l’État de droit.

Il ne peut y avoir d’État de droit sans une justice forte. Tel est le message central porté par le ministre de la Justice devant les magistrats sénégalais et les délégations étrangères. À cette occasion, Me Moussa Sarr a exposé la vision du gouvernement en faveur d’une justice indépendante, moderne, efficace et davantage tournée vers les citoyens.

« Elle est la gardienne des libertés, la protectrice des droits, l’arbitre des conflits et l’expression concrète de la suprématie de la loi. Sa force conditionne la crédibilité de l’État, son efficacité consolide l’adhésion des citoyens et son indépendance garantit la permanence de l’État de droit. Il ne peut y avoir d’État de droit sans une justice forte», a déclaré le garde des Sceaux.

Selon lui, cette ambition s’inscrit pleinement dans les priorités du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. « Nous considérons que le renforcement de l’institution judiciaire demeure un investissement stratégique pour la consolidation de l’État de droit, la stabilité de nos institutions, la sécurité juridique des citoyens et l’attractivité économique », a-t-il souligné.

Le ministre a rappelé que les attentes des Sénégalais envers la justice sont de plus en plus fortes. Les citoyens réclament une justice plus accessible, plus rapide, plus lisible et dont les décisions soient mieux comprises. Pour lui, ces exigences légitimes imposent une réforme globale de l’institution judiciaire. « Les réformes que nous engagerons ne constituent pas une simple succession de mesures isolées. Elles participent d’une vision d’ensemble visant à adapter notre institution judiciaire aux exigences d’un État moderne », a-t-il expliqué.

Pour Me Moussa Sarr, « réformer la justice ne signifie pas remettre en cause ses principes fondamentaux, mais lui donner les moyens d’exercer pleinement sa mission constitutionnelle ». Cette transformation concerne les textes, l’organisation des juridictions, la gouvernance judiciaire, les infrastructures, la formation des acteurs, la spécialisation des contentieux, les méthodes de management public ainsi que la transition numérique.

« Le numérique n’est plus un simple outil d’amélioration administrative. Il s’impose désormais comme un levier majeur de transformation de l’action publique. Le New Deal Technologique traduit la volonté de l’État d’accélérer la transition numérique dans l’ensemble des administrations », a-t-il indiqué.

Des conditions de travail à améliorer

Le ministère de la Justice entend inscrire son action dans cette dynamique à travers la dématérialisation des procédures, l’amélioration des systèmes d’information, l’interconnexion des juridictions et le développement de services numériques sécurisés. « Notre ambition est claire : mettre la technologie au service du juge, et non substituer la technologie au juge », a insisté le ministre, rappelant que la modernisation repose avant tout sur les femmes et les hommes qui rendent quotidiennement la justice.

Me Moussa Sarr a salué l’engagement des magistrats, qu’il a félicités pour leur sens du devoir malgré un contexte marqué par l’augmentation du contentieux, la complexité croissante des affaires et le déficit en ressources humaines. Depuis son arrivée à la tête du département, il affirme avoir privilégié une gouvernance fondée sur l’écoute et la proximité. Il rappelle avoir reçu le Bureau exécutif de l’UMS pour échanger notamment sur deux préoccupations majeures : l’assiette foncière de Deny et les disparités de traitement.

Le ministre assure que ces questions font l’objet d’un suivi avec les autorités compétentes afin d’aboutir à des solutions durables. Il a également entrepris des visites dans plusieurs juridictions pour évaluer les conditions de travail, les besoins en réhabilitation des salles d’audience et les mesures de sécurisation. « Nous n’ignorons pas ces difficultés quotidiennes. Elles sont pleinement prises en compte dans les orientations arrêtées par le gouvernement », a-t-il assuré s’engeant à renforcer la formation des magistrats pour mieux répondre aux nouveaux défis liés au numérique, à l’environnement, aux mines, aux investissements, à la criminalité financière et à la coopération judiciaire internationale.

« Un partenaire loyal »

Le garde des Sceaux a enfin plaidé pour une gouvernance fondée sur le dialogue, estimant qu’aucune réforme durable ne peut réussir sans l’adhésion des acteurs judiciaires. « Je veux vous assurer, avec solennité, que l’UMS peut compter sur le garde des Sceaux comme un interlocuteur disponible, un partenaire loyal et un défenseur constant des intérêts supérieurs du service public de la justice », a-t-il affirmé.

« Ensemble, faisons de notre justice une institution plus performante, plus proche des justiciables, plus transparente. Une justice qui rassure, protège et s’impose par sa crédibilité », a-t-il lancé, avant de rendre un ultime hommage à la magistrature sénégalaise : « Notre pays peut être fier de sa magistrature. Compétente et engagée, elle constitue l’un des piliers les plus solides de notre démocratie ».

Viviane DIATTA