HÔPITAL DE GRAND-DAKAR: De l’accueil à la guérison, le parcours humain des malades au cœur d’un quartier populaire
Derrière les portes de l’hôpital Grand-Dakar se joue, jour et nuit, une succession d’urgences, de consultations et de naissances. Du vigile qui accueille les premiers cas à la sage-femme qui accompagne les femmes en salle d’accouchement, chaque agent constitue un maillon essentiel du parcours de soins. Dans cet établissement très fréquenté d’un quartier populaire, les patients affluent vers la pédiatrie, la maternité, la cardiologie ou encore la dermatologie. Un quotidien rythmé par l’attente, l’inquiétude, mais aussi le soulagement et l’espoir.
À l’entrée de l’hôpital Grand-Dakar, le ballet des patients ne s’arrête presque jamais. Des adultes avancent lentement dans le hall, des parents tiennent leurs enfants par la main tandis que d’autres malades, visiblement affaiblis, sont conduits en chaise roulante. Ici, avant même la consultation, la prise en charge commence au portail.
Le vigile est souvent le premier visage que découvrent les malades. Attentif aux mouvements et aux signes de détresse, il repère les urgences et facilite leur admission. Les personnes arrivant en chaise roulante sont immédiatement orientées et accueillies en priorité. Dans ce lieu où chaque minute peut compter, le moindre geste prend une importance particulière.
Quelques pas plus loin, la caisse constitue un passage incontournable. Derrière son comptoir, Khadidiatou Sèye reçoit, renseigne et oriente les patients vers les différents services : cardiologie, maternité, pédiatrie ou dermatologie. Les demandes se succèdent et les visages changent, mais l’affluence reste constante.
« Chaque jour, il y a du monde », confie-t-elle. Une fréquentation qu’elle explique notamment par l’implantation de l’établissement au cœur d’un quartier populaire. L’hôpital accueille aussi bien des adultes que des enfants venus bénéficier des différentes spécialités disponibles.
La CMU attire de nombreuses familles
Avec la Couverture maladie universelle (CMU), de nombreux parents se présentent avec leurs enfants. Selon la caissière, le ticket de consultation est gratuit pour les bénéficiaires concernés, tandis que les médicaments leur reviennent à 2 000 francs CFA. Un dispositif qui allège les dépenses de certaines familles et facilite l’accès aux soins.
Présente dans l’établissement depuis plusieurs années, Khadidiatou Sèye a vu l’hôpital se transformer. Elle se souvient d’une période marquée par le manque d’appareils et les problèmes de connexion, qui compliquaient parfois le travail du personnel.
« Il n’y avait pas beaucoup de machines et la connexion n’était pas au point. Maintenant, nous disposons d’une nouvelle logistique, de logiciels, de matériel de laboratoire et de divers équipements », se réjouit-elle. Ces améliorations ont progressivement changé le visage de l’établissement et les conditions de prise en charge des patients.
En pédiatrie, rassurer les parents et soulager les enfants
À quelques mètres de la caisse se trouve le service de pédiatrie. Dans la salle d’attente, les parents observent avec inquiétude leurs enfants, parfois gagnés par la fièvre ou agités par les pleurs. Chaque consultation porte son lot d’angoisse, mais aussi l’espoir d’un diagnostic rassurant et d’un traitement efficace.
En poste depuis 2019, le médecin du service indique que les coliques et les syndromes grippaux figurent parmi les motifs de consultation les plus fréquents chez les nourrissons. « Nous recevons souvent ces cas. Les enfants de moins d’un an sont plus fragiles que ceux âgés de deux à cinq ans », explique-t-il.
Face à ces jeunes patients qui ne peuvent pas toujours exprimer leur douleur, l’observation et l’écoute des parents deviennent essentielles. La consultation obéit ainsi à un protocole précis. « Je commence par interroger le parent pour connaître les symptômes et comprendre de quelle maladie l’enfant pourrait souffrir. Ensuite viennent l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires comme l’échographie. Après le diagnostic, je prescris les médicaments adaptés », détaille le pédiatre.
Chaque étape permet de mieux cerner la maladie, mais aussi de calmer l’inquiétude des familles.
À la maternité, des gardes de 24h au service de la vie
Plus loin, la maternité offre une tout autre atmosphère. Entre douleurs, attentes et premiers cris de nouveau-nés, les émotions y sont intenses. C’est dans ce service que travaille Rokhaya Top, sage-femme d’État depuis 2019. Elle participe à la prise en charge des urgences obstétricales, assurée 24 heures sur 24.
« Il y a deux catégories de sages-femmes : les sages-femmes d’État et les maîtresses sages-femmes. Les maîtresses sages-femmes travaillent de 8 heures à 16 heures. Les autres assurent des gardes de 24 heures, de 8 heures jusqu’au lendemain », précise-t-elle.
Pour Rokhaya Top, l’accouchement demeure le moment le plus délicat. Il faut accompagner la future mère, surveiller son état et celui de l’enfant, réagir rapidement en cas de complication et, surtout, rester présente jusqu’à la naissance.
Au milieu de la douleur et de l’inquiétude, le premier cri du bébé vient souvent bouleverser l’atmosphère. La tension laisse alors place au soulagement. Mais la mission de la sage-femme ne s’arrête pas à la naissance.
Le suivi de la mère et du nouveau-né se poursuit à travers trois consultations postnatales : la première intervient juste après l’accouchement, la deuxième au neuvième jour et la troisième au quarante-deuxième jour. Ces rendez-vous permettent de surveiller leur état de santé et de prévenir d’éventuelles complications.
« Les trois actes que je réalise le plus souvent dans la journée sont les accouchements, les consultations prénatales et la planification familiale », souligne Rokhaya Top.
À l’hôpital Grand-Dakar, le parcours du malade est ainsi une chaîne de gestes et d’attentions. Du vigile au médecin, de la caissière à la sage-femme, chacun contribue à accueillir, orienter, soigner ou rassurer. Derrière l’agitation quotidienne se dessinent des histoires humaines : celles de parents inquiets, de malades en quête de soulagement et de femmes qui repartent avec un nouveau-né dans les bras.
Binta SARR
(Stagiaire)

