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UNITED 2026-104 MATCHS, 48 ÉQUIPES, 39 JOURS: Le monde au rendez-vous de la démesure

Ce jeudi soir à Mexico, au mythique Estadio Azteca, le coup de sifflet inaugural d’un Mondial hors normes retentira. Trois pays hôtes, 48 sélections, 104 matchs, 39 jours de compétition : la Coupe du monde 2026 s’annonce comme la plus grande, la plus longue et la plus ambitieuse de l’histoire. L’Afrique, avec dix représentants, n’a jamais eu autant de raisons de rêver.

Co-organisateur du Mondial avec les États-Unis et le Canada, le Mexique ouvre le bal devant son public de Mexico, pour un duel savoureux de symboles. Seize ans après leur fameux 1-1 au Soccer City de Johannesburg lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, un but de Tshabalala suivi d’un égalisateur de Rafael Marquez, les deux équipes se retrouvent en match d’ouverture. L’histoire bégaie, mais personne ne s’en plaint. Le stade Azteca devient ainsi le premier stade au monde à accueillir trois matchs d’ouverture de Coupe du monde, après les éditions 1970 et 1986. Un temple pour un sacre historique. Sa capacité, après rénovations, frôle les 88 000 spectateurs.

Trois pays, trois cérémonies, un seul rêve
Le Mexique ouvre le bal ce jeudi 11 juin, avant que le Canada et les États-Unis n’organisent à leur tour leurs cérémonies d’ouverture respectives dans les jours suivants. Jamais la planète foot n’avait vécu pareille inauguration en trois temps. Vendredi 12 juin, Toronto accueillera le Canada contre la Bosnie-Herzégovine. Samedi soir, Los Angeles prendra le relais avec les États-Unis face au Paraguay.
Trois hymnes, trois foules, une seule compétition. Un avant-goût de ce que sera la Coupe du monde 2030, prévue en Espagne, Maroc, Portugal, avec des matches inauguraux en Argentine, Paraguay et Uruguay pour célébrer le centenaire du premier Mondial.

La démesure comme fil rouge
Les chiffres donnent le vertige. 104 matches seront disputés jusqu’à la finale du 19 juillet au MetLife Stadium d’East Rutherford, dans le New Jersey, soit quarante de plus que lors de chacune des sept éditions précédentes. Pour la première fois, 48 sélections s’affrontent sur 39 jours de compétition, contre 32 équipes et un mois lors des éditions précédentes.
Seize enceintes ont été retenues, deux fois plus qu’au Qatar, avec une capacité moyenne de 68 000 places. L’AT&T Stadium de Dallas, antre des Cowboys de la NFL, grimpe à 94 000 spectateurs sous un toit suspendu à 98 mètres au-dessus de la pelouse. Le revers de la médaille est écologique : selon une étude d’une organisation britannique, ce Mondial devrait émettre près de neuf millions de tonnes de CO2, soit quatre fois plus que les JO de Paris 2024. Le prix de la démesure.
Autre nouveauté : deux pauses fraîcheur par match, une par mi-temps, officiellement pour protéger les joueurs de la chaleur nord-américaine. Mais comme l’avait résumé Didier Deschamps après le match amical France-Brésil disputé à Boston en mars : « Ça coupe tout, mais les diffuseurs sont contents, il y a plus de publicité ». Des rencontres à quatre quart-temps, à l’américaine. Le football mondial s’adapte au marché qui l’héberge.

L’Afrique en force, enfin
C’est la grande nouveauté de ce Mondial : l’Afrique y entre avec dix sélections, du jamais vu. Le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique du Sud, la RDC et le Cap-Vert représentent le continent. Auparavant limitée à cinq places, l’Afrique double sa mise grâce à l’élargissement du format.
Le Maroc, demi-finaliste historique au Qatar en 2022, s’avance comme le favori continental, avec Hakimi, Bounou, Brahim Diaz et le jeune Ayyoub Bouaddi. Le Sénégal, logé dans le groupe I avec la France et la Norvège, aura fort à faire mais s’appuiera sur son sacre à la dernière CAN pour titiller enfin les sommets et battre tous les records du continent africain. La Côte d’Ivoire, l’Algérie, l’Égypte voire le Ghana complètent le tableau des sélections africaines ambitieuses de marquer aussi un grand coup.
Sur les bancs, le continent présente un mélange inédit. Six des dix sélectionneurs africains sont africains : Pape Thiaw (Sénégal), Mohammed Ouahbi (Maroc), Sabri Lamouchi (Tunisie), Emerse Faé (Côte d’Ivoire), Hossam Hassan (Égypte) et Bubista (Cap-Vert). Les quatre autres sont étrangers : Vladimir Petkovic (Algérie), Hugo Broos (Afrique du Sud), Sébastien Desabre (RDC) et Carlos Queiroz (Ghana). Un casting bigarré, entre légendes et techniciens rodés aux grandes scènes.
Les stars africaines à suivre ? Hakimi portera le statut de Joueur africain de l’année 2025. Mohamed Salah voudra porter l’Égypte sur ses épaules. Et Sadio Mané cherchera à marquer ce Mondial, lui qui avait manqué l’édition 2022 sur blessure. Trois destins, trois récits, un seul continent en quête d’écrire sa plus belle page. L’Ivoirien Amad Diallo et le Ghanéen Antoine Semenyo seront également attendus même s’ils n’ont pas la même aura que les trois autres grandes figures du football africain.

Espagne, Argentine, France, Angleterre : le carré des favoris
Pour le reste du monde, la hiérarchie est connue. L’Espagne, championne d’Europe et séduisante depuis deux ans, arrive avec le statut de grande favorite. L’Argentine de Messi, dans ce qui sera très probablement son dernier Mondial, défendra son titre de 2022 avec la férocité des champions. La France de Deschamps, logée dans un groupe I relevé face au Sénégal et à la Norvège, a l’ossature pour aller loin. L’Angleterre, toujours en quête de son deuxième sacre mondial depuis 1966, compte sur Bellingham et une génération dorée pour briser la malédiction.
Quatre mastodontes, une seule coupe. Le Portugal, porté par un Cristiano Ronaldo qui sera en lice pour son 6e et dernier Mondial, ne sera pas en reste. Ce jeudi soir (19h), l’Azteca crache le feu. Le Mondial le plus grand de l’histoire est lancé.

Mouhamed DIEDHIOU