INSERTION ÉCONOMIQUE DES JEUNES À TOUBA MOSQUÉE: 90,9% des jeunes actifs évoluent dans l’informel
Une étude réalisée en juillet 2026 dans la commune de Touba Mosquée avec l’appui de l’Institut Africain de Management (IAM) met en lumière les défis de l’insertion économique des jeunes. Si l’esprit entrepreneurial est fortement ancré dans la cité religieuse, le poids du secteur informel, les difficultés d’accès au financement et l’inadéquation entre formation et emploi freinent leur insertion durable.
Réalisée par un groupe de travail composé du Pr Djiby Diakhaté, Dr Cheikh Guèye, Dr Moubarack Lo, Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma, Dr Abdoulaye Cissé, Dr Samba Laobé Gaye et Moussa Diaw, l’étude révèle que 90,9% des jeunes travaillent dans le secteur informel et 94,9% exercent sans contrat de travail ni protection sociale. Elle souligne également que l’accès au financement et aux garanties bancaires reste très limité.
Malgré ces contraintes, l’enquête met en évidence une forte culture entrepreneuriale. 48,2% des jeunes actifs ont créé leur propre activité et près de huit entrepreneurs sur dix souhaitent la développer ou la diversifier. À Touba, le travail indépendant constitue ainsi le principal mode d’insertion, soutenu par les dahiras, les réseaux communautaires, la diaspora, les tontines et les mécanismes de solidarité inspirés de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba.
Le financement, principal frein
Le manque de financement demeure toutefois le principal obstacle. 92,2% des jeunes entrepreneurs l’identifient comme leur première difficulté, tandis que les dispositifs publics comme la DER/FJ ne profitent qu’à environ 1% d’entre eux. Faute d’accès au crédit bancaire, les activités sont financées par l’épargne personnelle, la famille, les tontines et les réseaux de solidarité. Les auteurs estiment que l’écosystème financier reste peu adapté aux réalités des microentreprises et de l’économie informelle.
L’étude relève également que 52,2% des jeunes n’ont jamais fréquenté l’école formelle et que 14,6% seulement ont suivi une formation professionnelle. Les formations proposées répondent encore insuffisamment aux besoins des secteurs porteurs tels que l’agro-industrie, le BTP, la logistique, le commerce, le numérique ou le tourisme religieux.
Enfin, les chercheurs mettent en avant le rôle déterminant des dahiras et des réseaux mourides, qui facilitent l’accès au financement, aux marchés, à l’information et à la diaspora. Selon eux, ces mécanismes de solidarité constituent un véritable avantage comparatif pour la commune de Touba et un levier majeur de développement économique territorial.
Mamadou Lamine CAMARA

