ACCORD D’ENTREPRISE DE LA RTS: Les travailleurs marchent pour réclamer la levée de sa suspension
Les travailleurs de la Radiotélévision sénégalaise (RTS) ont marché, ce mercredi 10 septembre 2026, du ront-point de La Poste Médina à celui du Triangle sud pour réclamer la levée de la suspension de leur accord-cadre d’entreprise.
« Rts, des familles décimées », « La Rts est un service public, pas une chaîne YouTube », « La Rts tourne le dos aux régions», « Mobilisons-nous pour notre survie »… Ce sont autant de slogans inscrits sur les pancartes des travailleurs de la Rts qui ont manifesté hier du rond-point de la Poste Médina jusqu’au siège du média public. Ni la chaleur écrasante ni le soleil n’ont entamé l’ardeur de l’intersyndicale (Synpics et Synpap), qui exige la levée de la suspension du nouvel accord d’entreprise, décidée quelques mois après la prise de fonction du directeur général, Pape Alé Niang, à la tête de la Rts. Le secrétaire général de la section Synpics de la Rts, Youssouph Kaba, a affirmé que les agents ne comptent pas baisser les bras avant d’avoir obtenu gain de cause. D’après lui, si leurs revendications restent sans réponse à l’expiration de leur préavis de grève, ils dérouleront leur plan d’action conformément à la loi, n’écartant pas un boycott de la couverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj). « La suspension de l’accord d’entreprise a plongé la maison dans la crise », se désole-t-il.
Dans la même veine, Aliou Badara Kane a déploré la précarité dans laquelle vivent désormais les employés. « Aujourd’hui, les agents de la Rts croulent sous le poids des dettes. Personne n’a envie de se rendre à la banque à la fin du mois, car le directeur général nous a ramenés à la situation de 2025, soit l’application de l’ancien accord-cadre », souligne le syndicaliste. Le Front social pour la défense des travailleurs et plusieurs organisations de la société civile ont pris part à la marche en soutien aux agents de la Rts. Mme Yvette Keïta, secrétaire générale de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas), a rappelé qu’un accord d’entreprise dûment négocié et signé par les parties ne peut être suspendu unilatéralement. Selon elle, la signature d’un tel texte impose des obligations mutuelles. « On ne peut pas, au gré des circonstances, décider seul de suspendre un accord-cadre d’entreprise », a-t-elle insisté, rappelant que le dialogue social constitue « une exigence de la démocratie sociale » et non une simple faveur accordée aux salariés. D’autres leaders d’opinion et figures syndicales ont également exprimé leur solidarité. Élimane Diouf, secrétaire général de la Csa, a appelé le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à intervenir pour résoudre cette crise. Babacar Bâ du Forum du justiciable a invité les plus hautes autorités de l’État à agir rapidement pour éviter que la Rts ne sombre. Moustapha Cissé du secrétaire général du Synpics a affirmé que l’enjeu dépasse le cadre strict de l’entreprise publique. « Nous en avons assez. Il est temps de régler définitivement cette question », dit-il.

