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BAKEL- 98 MILLIONS DE FCFA AU CŒUR D’UN BRAS DE FER: La SENELEC coupure l’électricité et met en péril des centaines d’hectares de cultures

La campagne rizicole s’annonce sous haute tension à Bakel. À Kollangal, dans la vallée du fleuve Sénégal, les producteurs de riz tirent la sonnette d’alarme après la coupure de l’alimentation électrique de leur station de pompage par la SENELEC. En cause, une facture impayée de 98 millions de FCFA, un montant que les exploitants contestent vigoureusement. Privés d’irrigation en pleine saison hivernale, ils redoutent des pertes considérables et interpellent les autorités pour éviter une catastrophe agricole.

Depuis jeudi dernier, les motopompes de la cuvette rizicole de Kollangal sont à l’arrêt. Sans électricité, l’eau n’alimente plus les canaux d’irrigation, menaçant directement les cultures. Pour les producteurs regroupés au sein du Comité interprofessionnel de la filière riz (CIRIZ) de Bakel, cette décision intervient au pire moment de la campagne, renseigne l’APS.

Une facture de 98 millions jugée « incompréhensible »

Le président du CIRIZ, Samba Ka, affirme que les riziculteurs ne contestent pas le principe du paiement de leurs consommations, mais dénoncent un montant qu’ils estiment injustifié. Selon lui, la dette réclamée par la SENELEC est passée de 82 millions de FCFA le mois précédent à 98 millions de FCFA, sans explication convaincante. Les producteurs soupçonnent notamment l’intégration du prix fixe de l’abonnement dans le calcul de la facture, alors que leur station de pompage bénéficierait d’une exonération de cette redevance. 

« Nous avons demandé des explications sur le mode de calcul, mais nous n’avons obtenu aucune réponse. Au lieu de dialoguer, le technicien a procédé directement à la coupure de l’électricité », regrette Samba Ka. Les exploitants assurent avoir proposé de régler immédiatement la facture du mois afin d’obtenir le rétablissement du courant, une démarche qui, selon eux, n’a pas été acceptée.

Une campagne agricole menacée

Au-delà du différend financier, les conséquences sur le terrain sont déjà visibles. Sans alimentation électrique, les pompes ne peuvent plus assurer l’irrigation des exploitations.

D’après le CIRIZ, près de 80 hectares de pépinières de riz, destinés à la campagne hivernale, sont désormais exposés au dessèchement. À cela s’ajoutent 25 hectares de cultures de piment, implantés le long du grand canal, également privés d’eau.

Les producteurs craignent que cette interruption prolongée ne compromette les rendements de la saison et n’entraîne des pertes économiques importantes pour les exploitants de la zone.

Un appel urgent à la SAED et à la SENELEC

Face à cette situation, le Comité interprofessionnel de la filière riz appelle la SAED et la SENELEC à engager rapidement des discussions afin de trouver une issue au différend et de rétablir l’alimentation électrique de la station de pompage.

Les riziculteurs rappellent que cette crise intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs difficultés, notamment les conséquences des récentes inondations et les retards signalés dans la mise en place de certaines subventions agricoles. Contacté par l’Agence de presse sénégalaise (APS), le responsable de la SENELEC à Bakel n’a pas souhaité réagir à cette affaire.

Mariem DIA