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MONDIAL 2026-LE SENEGAL BATTU PAR LA FRANCE (2-0): Une heure d’illusion, trente minutes de sanction pour les Lions

Pendant 45 minutes, le Sénégal a regardé la France droit dans les yeux. Organisés, disciplinés et dangereux en transition, les Lions ont même donné l’impression de pouvoir faire vaciller les vice-champions du monde. Mais après la pause, les ajustements tactiques de Didier Deschamps et la baisse de régime physique des hommes de Pape Thiaw ont changé le cours de la rencontre. Battue 3-1 au MetLife Stadium pour son entrée dans ce Mondial 2026, l’équipe nationale du Sénégal démarre comme il l’avait fait en 2022 par une défaite. Avec désormais une obligation de résultat face à la Norvège.

NEW-JERSEY (Envoyé spécial) – Pendant une mi-temps, le Sénégal a entretenu le souvenir de 2002. Pendant l’autre, il a brutalement rappelé pourquoi ce Mondial 2026 pourrait ne pas ressembler à une nouvelle épopée. Dans un MetLife Stadium garni de 80.545 spectateurs, Pape Thiaw avait pris un pari fort en alignant d’entrée Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Guèye malgré leur manque de rythme récent. Un choix qui semblait d’abord validé par le scénario de la rencontre.

Des Lions conquérants en première période
Car les Lions ont livré une première période d’une remarquable maîtrise collective. Certes, la France a monopolisé le ballon (56%), mais cette possession s’est révélée stérile face à un bloc sénégalais compact, mobile et parfaitement coordonné. Les Bleus n’ont quasiment jamais trouvé d’espaces entre les lignes. Symbole de cette impuissance, une seule tentative française durant les 45 premières minutes, un total historiquement faible à ce niveau.
En face, le Sénégal s’est montré plus tranchant. Dès la 24e minute, Nicolas Jackson a fait trembler les supporters français en trouvant le poteau après une récupération autoritaire d’El Hadji Malick Diouf sur Kylian Mbappé. Puis juste avant la pause, Ismaïla Sarr a laissé filer une occasion immense en expédiant au-dessus un centre parfait de Sadio Mané (45e+6). Une action qui restera sans doute comme le tournant psychologique du match. Car au retour des vestiaires, tout a changé.
Didier Deschamps a repositionné Michael Olise dans l’axe et décalé Ousmane Dembélé sur le côté. Un ajustement simple mais dévastateur. La circulation française est devenue plus fluide, les décrochages plus fréquents et les courses dans le dos du milieu sénégalais beaucoup plus difficiles à contrôler.

La grosse baisse de régime après la 55e minute
Les premiers avertissements se sont multipliés. Mendy a dû intervenir devant Olise (52e), puis Mbappé (56e). Les Lions ont commencé à perdre des duels qu’ils dominaient auparavant et le bloc reculait inexorablement. Le but de Mbappé à la 66e minute n’a finalement été que la conclusion logique du temps fort français. Servi par Olise, le capitaine des Bleus a devancé un Koulibaly en retard avant de battre Mendy d’une frappe croisée. Le capitaine sénégalais, jusque-là solide, allait encore souffrir quelques minutes plus tard lorsque Bradley Barcola le prit de vitesse pour inscrire le deuxième but français (82e). Entre-temps, les Lions avaient perdu leur capacité à ressortir proprement le ballon. Les transmissions devenaient approximatives, les courses moins explosives et les transitions de plus en plus rares. Le Sénégal semblait payer l’intensité de son excellente première période.
L’éclair d’Ibrahim Mbaye dans le temps additionnel (90e+5), après un superbe numéro face à Théo Hernandez, a brièvement relancé l’espoir. Mais la réaction française fut immédiate. Sur l’engagement suivant, Mbappé a signé un doublé d’une frappe limpide des 25 mètres pour éteindre définitivement les ambitions sénégalaises (90e+6). Un doublé qui permet au capitaine français d’entrer un peu plus dans l’histoire du football français puisqu’il dépasse Just Fontaine avec quatorze buts inscrits en Coupe du monde en 3 éditions (contre 13 buts en une seule édition pour son aîné), et Olivier Giroud pour ceux marqués en sélection (58, en 99 apparitions).

Comme en 2022…
Le score est sévère mais il reflète une réalité, le Sénégal a été incapable de répondre aux adaptations françaises et à la montée en puissance physique des Bleus. Tout ce qui faisait sa force avant la pause (agressivité, compacité et mobilité) s’est progressivement dissous. Comme en 2022, les Lions débutent leur Coupe du monde par une défaite. Comme en 2002, ils avaient rêvé de faire tomber la France. Mais cette fois, ils n’ont pas tenu la distance.
Désormais, l’heure n’est plus aux regrets. Avec zéro point au compteur, le rendez-vous contre la Norvège prend déjà des allures de match couperet. Une nouvelle contre-performance plongerait les hommes de Pape Thiaw dans une situation extrêmement périlleuse. Au Mondial, les premières impressions comptent. Et celle laissée par le Sénégal est celle d’une équipe séduisante pendant une heure, mais encore incapable de rivaliser avec les grandes nations sur 90 minutes.

Mouhamed DIEDHIOU