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Mali: la priorité de Moussa Mara pour sa sortie de prison, «vu le contexte», est de «retrouver sa famille»

Au Mali, après une année de détention, Moussa Mara a été libéré ce samedi. L’ancien premier ministre avait été arrêté le 1er août 2025 puis condamné pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ». En cause : un message publié sur les réseaux sociaux, dans lequel Moussa Mara apportait son soutien à des « prisonniers d’opinion » et déclarait vouloir se « battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit ».

Les libertés fondamentales au Mali ont continué, durant son incarcération, d’être restreintes par le régime militaire en place. Moussa Mara ne pourra donc pas reprendre d’activités politiques. Il retrouvera en revanche une certaine forme de liberté et, surtout, sa famille.« Vu le contexte actuel, il n’a pas de projet politique », explique un proche de Moussa Mara, dont la résignation masque mal la frustration. Son parti Yelema, comme tous ceux du pays, est dissous. Les personnalités qui, au Mali, osaient tenir des propos un tant soit peu critiques se murent désormais dans le silence. Son propre avocat, Maître Mountaga Tall, fervent défenseur de la démocratie, a été enlevé par la Sécurité d’État il y a trois mois et reste détenu depuis dans un lieu inconnu, en dehors de tout cadre légal – comme beaucoup d’autres.« Il n’en veut à personne »Moussa Mara, qui contestait avant son incarcération l’étiquette d’« opposant » et préférait se définir comme un « accompagnateur critique » de la Transition, sait qu’il devra se montrer encore plus prudent s’il ne veut pas retourner en cellule. « Sa priorité, c’est de retrouver sa famille », confie un intime de l’ancien Premier ministre. Il sort de prison avec l’état d’esprit d’un homme de foi : il croit en la destinée et n’en veut à personne.

Au cours de sa détention, Moussa Mara est passé par la Maison centrale d’arrêt de Bamako et par la prison de Koulikouro, où il a purgé l’essentiel de sa peine, croisant sur son chemin d’autres prisonniers politiques ou d’opinion : l’ancien secrétaire général de la présidence Kalilou Doumbia, emprisonné depuis près de cinq ans et récemment condamné à sept années de réclusion, le militant anti-corruption Clément Dembélé, détenu depuis près de trois ans, ou encore le chroniqueur radio et militant associatif Ras Bath, derrière les barreaux depuis trois ans et demi.Des rencontres qui ont pu nourrir « un projet de livre sur son passage en prison », confie un fidèle de Moussa Mara. « Ni critique ni politique », glisse encore cette source, « ce sera un livre à hauteur d’homme ».