CONFLIT EN CASAMANCE: Différents acteurs croient en une possible sortie de crise
Le conflit en Casamance était au cœur des débats, ce lundi 14 septembre 2026. Au cours des échanges, les différents acteurs ont estimé qu’une sortie de crise restait possible. Pour y parvenir, ils préconisent le dialogue, le développement inclusif, la réintégration des combattants, la prise en compte des réalités culturelles et le renforcement de la coopération sous-régionale.
« Le conflit, qui perdure depuis décembre 1982, constitue un enjeu majeur pour la stabilité du Sénégal. Le conflit en Casamance est très important et doit être surveillé », a déclaré le professeur Ibou Sané. L’universitaire a notamment alerté sur le risque de voir le djihadisme et le terrorisme profiter de la porosité des frontières et des dynamiques sécuritaires dans la sous-région. Selon lui, il s’agit avant tout d’un affrontement entre Sénégalais, malgré les divergences autour de la question de l’autonomie.
Le professeur Sané estime également que la réponse exclusivement militaire a montré ses limites. Il plaide pour la réinsertion des combattants, le retour des personnes déplacées ainsi que la relance des activités économiques au profit des jeunes et des femmes affectés par le conflit. L’universitaire juge toutefois nécessaire d’accompagner cette approche économique d’une dimension culturelle. Pour lui, « la destruction de l’environnement et la profanation de certains bois sacrés pendant le conflit constituent des blessures qui nécessitent également une réponse symbolique et culturelle ». Pour parvenir à une paix durable, Ibou Sané appelle à avancer « step by step », dans le cadre d’une démarche progressive, inclusive et participative. Il estime que les solutions doivent intégrer les dimensions politique, économique, sociale et culturelle du conflit.
Pour sa part, le Dr El Hadji Babacar Faye, spécialiste du contreterrorisme et des opérations de maintien de la paix, a insisté sur la nécessité de placer la sécurité humaine au cœur du processus de paix. Selon lui, certains acteurs du conflit ne savent même plus précisément pourquoi ils se battent. Le spécialiste considère que la satisfaction des besoins fondamentaux des populations – notamment l’accès aux soins, à l’alimentation, à la mobilité et à un environnement sain – constitue un facteur déterminant pour réduire les frustrations.
« La crise ne peut être analysée uniquement à l’échelle sénégalaise. Ses ramifications en Gambie et en Guinée-Bissau imposent une approche géopolitique et sous-régionale », a-t-il expliqué. Son étude consacrée au conflit propose notamment des pistes axées sur le développement économique de la Casamance.
Aïssatou Mbène COULIBALY

