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MARCHÉ FINANCIER RÉGIONAL: Après l’accord avec le FMI, le Sénégal rassure sur les maturités longues

Dix jours après l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), le Sénégal a mobilisé 101,3 milliards de FCFA sur le marché financier régional. L’opération a été couverte à 109,02%. Surtout, près de 75% des ressources ont été levées sur des maturités de trois et cinq ans, avec une baisse sensible du rendement exigé sur les obligations à cinq ans. Un signal encourageant, même si le coût du financement reste proche de 8%.

Le marché financier régional a envoyé un premier signal favorable au Sénégal après l’accord technique conclu avec le FMI. Vendredi 11 septembre 2026, l’État a réalisé une émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor, organisée par l’Agence UMOA-Titres, en collaboration avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). 

L’opération, menée à la demande de la Direction générale des Financements et de la Dette, portait sur un montant de 100 milliards de FCFA. Les investisseurs ont proposé un peu plus de 109 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 109,02%. Au terme de l’adjudication, le Trésor sénégalais a retenu 101,34 milliards de FCFA. Cette levée de fonds s’inscrit dans le programme d’émissions de titres publics du Sénégal et dans sa stratégie de gestion de la dette à moyen et long terme.

Près de 75% des fonds levés sur trois et cinq ans

Dans le détail, le Sénégal a mobilisé 25,8 milliards de FCFA à travers des Bons assimilables du Trésor à 364 jours, avec un rendement moyen pondéré de 7,87%. Les Obligations assimilables du Trésor à trois ans ont permis de lever 45,4 milliards de FCFA, pour un rendement de 7,75%. Sur la maturité de cinq ans, le montant retenu s’élève à 30,2 milliards de FCFA, avec un rendement moyen pondéré de 7,89%. Le taux d’absorption a atteint 100% sur cette dernière ligne.

Ainsi, les obligations à trois et cinq ans représentent près des trois quarts du montant total mobilisé. Une répartition qui traduit une appétence plus marquée des investisseurs pour les titres sénégalais à moyen et long terme.

Une détente sensible sur les obligations à cinq ans

La comparaison avec l’émission du 28 août, la dernière avant l’annonce de l’accord avec le FMI, fait apparaître une évolution contrastée. Sur les bons à 364 jours, le rendement est passé de 7,85% à 7,87%, soit une légère hausse de deux points de base. En revanche, la détente est plus nette sur les maturités longues. Le rendement des obligations à cinq ans a reculé de 8,24% à 7,89%, soit une baisse de 35 points de base. Sur les obligations à trois ans, il est passé de 7,77% à 7,75%.

Cette évolution suggère que les investisseurs régionaux acceptent de financer davantage le Sénégal sur une période plus longue, tout en réclamant une rémunération moins élevée qu’auparavant sur la maturité de cinq ans.

Amath Ndiaye : « Un premier signal encourageant »

Pour le professeur Amath Ndiaye, économiste à la Faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, interrogé par Seneweb, cette opération constitue un premier test après les dernières annonces économiques. « Quelques jours après le lancement du PTDS et l’accord technique avec le FMI, le marché financier régional envoie un premier signal encourageant », analyse-t-il.

Selon l’économiste, l’intérêt de l’opération réside principalement dans la structure des montants mobilisés. « Le marché semble accueillir favorablement la nouvelle orientation : traitement de la dette, redressement budgétaire, accord avec le FMI et maintien de la dette en FCFA hors du champ annoncé du PTDS », explique-t-il.

La prime de risque reste élevée

Amath Ndiaye invite toutefois à ne pas conclure trop rapidement à un rétablissement total de la confiance. Malgré la détente observée sur les obligations à cinq ans, les rendements demeurent proches de 8%, signe que les investisseurs continuent d’intégrer une prime de risque importante.

Cette première émission réussie constitue donc un indicateur favorable, notamment pour le financement à moyen terme. Mais elle ne suffit pas encore à confirmer une normalisation durable des conditions d’emprunt du Sénégal. Les prochaines adjudications permettront de déterminer si la baisse des rendements s’installe dans la durée ou si elle résulte uniquement de l’effet immédiat de l’accord avec le FMI.

Abdoulaye DIAO