Société

CARBURANTS D’AVIATION DURABLES: Le Sénégal identifie plusieurs matières premières pour développer une filière nationale

Une étude de faisabilité réalisée dans le cadre du programme ACT-SAF a permis d’identifier plusieurs ressources susceptibles de servir à la production de carburants d’aviation durables (SAF) au Sénégal. La mélasse de canne à sucre, le typha, la pomme de cajou, le neem et le jatropha figurent parmi les principales matières premières recensées.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans son ambition de développer une filière nationale de carburants d’aviation durables. Le rapport de l’étude de faisabilité consacrée au potentiel du pays dans ce domaine a été officiellement remis, lundi 14 septembre 2026 à Dakar, au directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), Dr Diaga Basse. La cérémonie de présentation et de restitution des résultats de l’étude s’est déroulée en présence de plusieurs acteurs du secteur aérien, notamment le directeur général d’AIBD SA, Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye, et son homologue de SMCADY, Youssouph Kane.

Le rapport a été remis par Romain Ekoto, directeur régional du Bureau de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour l’Afrique occidentale et centrale (WACAF). Selon l’ANACIM, cette étude a permis de mettre en évidence plusieurs matières premières disponibles au Sénégal et présentant un potentiel pour la production de SAF. Parmi celles-ci figurent notamment la mélasse de canne à sucre, le typha, la pomme de cajou, le neem et le jatropha. Ces résultats offrent une première cartographie du potentiel national et permettent de mieux cerner les ressources sur lesquelles pourrait s’appuyer le développement d’une future chaîne de production de carburants d’aviation durables.

Pour Romain Ekoto, la réalisation de cette étude constitue une avancée importante. Elle donne au Sénégal une meilleure visibilité sur ses ressources et sur les conditions nécessaires à la structuration de cette nouvelle filière. « Cette étude offre désormais au Sénégal une meilleure visibilité sur ses atouts ainsi que sur les conditions nécessaires au développement d’une filière SAF structurée », a-t-il déclaré.

Le responsable du Bureau WACAF estime que les conclusions de l’étude devraient également permettre au Sénégal de mieux se positionner auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs intéressés par le secteur. « Le Sénégal est ainsi mieux positionné pour mobiliser des partenaires techniques et financiers, développer des projets pilotes, renforcer ses capacités nationales et encourager les investissements dans les chaînes de valeur associées », a-t-il ajouté.

Le développement d’une filière SAF pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la valorisation des déchets et de la biomasse, l’industrie et le transport aérien. Du côté sénégalais, le directeur général de l’ANACIM considère cette étude comme une étape fondatrice dans la mise en place d’une filière nationale. « Cette initiative marque une première étape essentielle : celle d’évaluer le potentiel du Sénégal et d’identifier les conditions requises pour l’émergence d’une filière nationale de carburants d’aviation durables », a souligné Dr Diaga Basse.

S’exprimant au nom du ministre des Transports terrestres et aériens, Abdoul Ahad Ndiaye, il a également salué l’accompagnement de l’Union européenne et de l’OACI dans le cadre du projet ACT-SAF, ainsi que le choix du Sénégal comme pays bénéficiaire de cette initiative. Pour le Directeur général de l’ANACIM, l’enjeu est désormais de transformer les conclusions de l’étude en actions concrètes. Il a ainsi appelé les experts et les différentes structures présents à la cérémonie à travailler à la mise en œuvre des recommandations formulées. « Nous devons désormais œuvrer pour que les conclusions de cette étude se traduisent par une dynamique concrète de développement d’une filière sénégalaise de carburants d’aviation durables », a-t-il lancé.

Mariem DIA