GESTION CONTESTEE A LA TDS: Les syndicats chargent la Directrice générale
Les travailleurs de la Télédiffusion du Sénégal (TDS) sont montés au créneau pour dénoncer la gestion de la Directrice générale, Aminata Sarr. Face à la presse, ce jeudi, à la Maison de la Presse Babacar Touré, Abdoulaye Sow, secrétaire général de la section SYNPICS-TDS, a dressé un tableau sombre de la situation que traverse l’entreprise publique.
Le climat est plus que tendu à Télédiffusion du Sénégal (TDS). La société fait en effet face à une grave crise de gouvernance qui menace sérieusement la pérennité de ses activités, la stabilité du climat social ainsi que la préservation des emplois, selon la section SYNPICS-TDS. « Les difficultés auxquelles fait face la TDS touchent des secteurs stratégiques essentiels à son fonctionnement et à son avenir. Sur le plan de l’exploitation, la situation des centres émetteurs demeure particulièrement préoccupante, avec des conditions d’exploitation de plus en plus difficiles », a déclaré Abdoulaye Sow.
Le responsable syndical regrette notamment la dégradation progressive de la qualité du signal de la Télévision numérique terrestre (TNT), qui pousse de nombreux usagers à se tourner vers d’autres moyens d’accès à l’information. Il évoque également une infrastructure technique vieillissante et obsolète, aggravée par un manque criant d’équipements, de pièces de rechange et d’outils de travail adaptés. À cela s’ajoutent, selon lui, des pannes récurrentes des émetteurs qui affectent gravement la continuité du service dans plusieurs localités du pays.
Les travailleurs dénoncent également un mode de gestion qu’ils jugent « unilatéral, opaque et autoritaire ». « Nous constatons avec regret la persistance d’un mode de gouvernance unilatéral, opaque et autoritaire. Face à la dégradation sans précédent du climat social et aux risques majeurs pesant sur l’avenir de l’entreprise, nous ne pouvons plus rester silencieux », a martelé M. Sow, qui fustige par ailleurs l’absence de concertation avec les représentants du personnel, qu’il considére comme une violation de l’article 22 du décret n°67-1363.
Au cours de la rencontre, les syndicalistes ont également évoqué plusieurs dépenses qu’ils jugent contestables. Ils citent notamment la mise en place d’un « car-plan » dont le coût est estimé à 50 millions de FCFA, alors que le modèle retenu aurait pu être acquis pour environ 36 millions de FCFA, toutes options comprises. Ils dénoncent également la location d’un bus de 50 places lors d’une mission nécessitant, selon eux, un véhicule de 20 places, ce qui aurait considérablement alourdi la facture. Les travailleurs reprochent aussi à la Directrice générale d’avoir exigé un véhicule 4×4 supplémentaire pour ses déplacements, alors qu’elle bénéficiait déjà d’un véhicule financé dans le cadre du car-plan.
Les syndicalistes affirment également que lors d’une tournée à Saint-Louis, la Directrice générale a distribué des enveloppes contenant de l’argent à certains de ses anciens professeurs, en utilisant des ressources de l’entreprise. Par ailleurs, ils indiquent avoir été informés de soupçons de détournement de fonds impliquant un directeur de la société, contre lequel des procédures judiciaires auraient été engagées.
« Face à la gravité de ces faits, nous dénonçons la stratégie de silence et de rétention d’informations mise en œuvre par la Direction générale, au détriment du droit des travailleurs à l’information et de l’exigence de transparence », a déclaré le secrétaire général, Abdoulaye Sow qui, en conséquence, interpelle les autorités compétentes et exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés.
Abdoulaye DIAO

