LA DGPRE SONNE L’ALARME SUR UNE RESSOURCE STRATEGIQUE EN PERIL: Alerte sur la nappe phréatique de pout
La nappe phréatique de Pout, l’une des principales réserves d’eau souterraine du Sénégal, est confrontée à une dégradation préoccupante. Le directeur de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE), Dr Bakary Faty, a lancé un appel à la vigilance face à la baisse continue du niveau de cette ressource vitale, qui recule jusqu’à un mètre par an.
Selon le responsable, cette situation résulte d’une combinaison de facteurs, notamment la surexploitation des ressources en eau, l’urbanisation rapide, l’extension des activités agricoles ainsi que les effets du changement climatique. « Cette baisse du niveau de la nappe se traduit par un assèchement progressif des cours d’eau qui lui sont liés. À certaines périodes de l’année, notamment en saison sèche, ce sont les eaux souterraines qui soutiennent l’écoulement des cours d’eau. Lorsque la nappe est sous pression, surexploitée et en diminution, elle ne peut plus jouer pleinement ce rôle d’alimentation », a expliqué Dr Bakary Faty.
Il souligne que les précipitations assurent l’essentiel de l’alimentation des cours d’eau pendant l’hivernage. En revanche, durant les périodes sans pluie, la nappe phréatique devient la principale source de soutien hydrologique. « Si cette nappe est en situation de stress, nous risquons de ne plus disposer d’eau suffisante pendant les périodes de sécheresse », a averti le directeur de la DGPRE, qui révèle également que « la nappe de Pout est exploitée à un niveau largement supérieur à sa capacité naturelle de renouvellement ». D’après lui, « les prélèvements actuels représentent près de six fois sa capacité de recharge ». Une situation qu’il qualifie « d’insoutenable à long terme ».
Au-delà des données techniques, cette dégradation menace directement la sécurité hydrique de milliers de ménages, des exploitations agricoles et de nombreuses activités économiques dépendantes de cette ressource. Les spécialistes redoutent qu’« en l’absence de mesures correctives, les conséquences deviennent de plus en plus lourdes pour les populations et pour le développement économique des zones concernées ».
Face à cette menace, la DGPRE appelle à une gestion plus durable des ressources en eau, à la promotion de pratiques de consommation responsables et à un renforcement des actions de sensibilisation afin de préserver ce patrimoine naturel essentiel pour les générations présentes et futures.
Abdoulaye DIAO

