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ÉLECTION À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF: Abdoulaye Fall ou Mady Touré, le TAS va trancher avant le 21 août

Le feuilleton judiciaire de l’élection à la présidence de la Fédération sénégalaise de football (FSF) approche de son épilogue. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, rendra sa décision dans le litige opposant l’actuel président de la FSF, Abdoulaye Fall, à son adversaire malheureux, Mady Touré, avant le 21 août 2026. Une échéance qui pourrait redessiner la gouvernance du football sénégalais et mettre un terme à près d’une année de bataille judiciaire.

À l’origine de cette procédure figure l’élection du 2 août 2025 à la tête de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Au terme d’un scrutin particulièrement tendu, Abdoulaye Fall avait été élu président de la FSF. Son concurrent, Mady Touré, président de Génération Foot, avait toutefois refusé de reconnaître le résultat, dénonçant de graves irrégularités dans le processus électoral.

Le candidat malheureux avait notamment boycotté le second tour, avant d’engager une série de recours contre les résultats. Il reproche au processus électoral d’avoir été entaché d’irrégularités, de dysfonctionnements dans le dépouillement et d’allégations d’achats de conscience et de corruption ayant, selon lui, altéré la sincérité du vote.

La « voix de trop », l’un des points clés du dossier

Parmi les éléments les plus controversés figure l’anomalie relevée lors du dépouillement. Alors que la liste électorale faisait état de 509 votants, les urnes ont livré 510 bulletins. Pour rétablir la concordance, la commission électorale avait retranché un suffrage attribué à Abdoulaye Fall, une décision vivement contestée par le camp de Mady Touré.

Cette irrégularité, devenue la fameuse « voix de trop », constitue l’un des principaux griefs examinés par les arbitres du TAS, aux côtés des accusations de corruption et des contestations portant sur la régularité de la procédure électorale.

Une audience décisive à Lausanne

Le 10 mars 2026, le Tribunal arbitral du sport a consacré près de six heures d’audience à cette affaire. De 11 heures à 17 heures, les deux protagonistes, accompagnés de leurs conseils respectifs, ont défendu leurs positions devant un collège arbitral.

Les débats ont porté aussi bien sur les questions de procédure que sur le fond du dossier : recevabilité du recours, interprétation du code électoral de la FSF, validité du procès-verbal, constats d’huissier, témoignages et éléments invoqués pour étayer les accusations de corruption. La défense d’Abdoulaye Fall a notamment soutenu que les voies de recours internes n’avaient pas été correctement respectées, tandis que le camp de Mady Touré a plaidé pour l’annulation pure et simple du scrutin.

Le TAS rejette une demande de report

Selon des informations concordantes, la Fédération sénégalaise de football avait sollicité un report de la date de notification de la décision par l’intermédiaire de son conseil, Me Patrick Kabou. Le Tribunal arbitral du sport a toutefois rejeté cette requête, réaffirmant sa volonté de rendre sa sentence avant le 21 août 2026, conformément à son calendrier procédural. Cette décision met fin aux spéculations sur un éventuel prolongement de la procédure.

Deux scénarios aux conséquences majeures

L’arrêt du TAS sera déterminant pour l’avenir institutionnel de la Fédération sénégalaise de football. Si le Tribunal confirme la régularité du scrutin, Abdoulaye Fall verra son mandat définitivement conforté et la FSF pourra poursuivre son programme sans incertitude juridique.

En revanche, si les arbitres estiment que les irrégularités relevées ont compromis la sincérité de l’élection, ils pourraient prononcer l’annulation du scrutin. Une telle décision ouvrirait la voie à l’organisation de nouvelles élections, voire à des mesures transitoires conformes aux statuts de la FIFA et de la FSF afin d’assurer la continuité de la gouvernance fédérale.

Un verdict très attendu

Au-delà du duel entre Abdoulaye Fall et Mady Touré, c’est toute la crédibilité des mécanismes de gouvernance du football sénégalais qui est en jeu. Le verdict attendu avant le 21 août devrait clore un contentieux qui aura marqué près d’un an de vie institutionnelle et pourrait faire jurisprudence en matière de règlement des litiges électoraux dans les fédérations sportives.

Le football sénégalais est désormais suspendu à la décision des arbitres de Lausanne, dont la sentence sera définitive et s’imposera à l’ensemble des parties.

Fatou DIOUF