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La Poste prise en otage : quand le syndicalisme se transforme en machine à destituer

Du règne de Mamadou THIOR à celui de Maguette KANE, le SNTPT sous Ibrahima SARR semble avoir fait de l’éviction de chaque directeur général son unique raison d’être, au mépris de l’entreprise, de ses salariés et de ses clients.

Il y a des syndicats qui se battent pour les salaires, pour les conditions de travail, pour la dignité de leurs membres. Et puis il y en a d’autres ; ceux qui semblent n’exister que pour une seule mission, informelle mais tenace : faire tomber le directeur général en place, pour en installer un selon leur convenance.

Au sein du Syndicat National des Travailleurs des Postes et Télécommunications (SNTPT), cette logique de prédation institutionnelle commence à faire des dégâts que plus personne ne peut ignorer.

Une guerre de postes, pas une guerre pour les postiers

Depuis plusieurs années, La Poste est le théâtre d’une instabilité chronique à sa tête. De Monsieur Mamadou THIOR à Monsieur Maguette KANE, aucun directeur général n’a pu exercer sereinement son mandat sans se retrouver dans le viseur du SNTPT, dont le secrétaire général Ibrahima SARR semble avoir fait de la déstabilisation de la direction une vocation obsessionnelle.

Ce qui frappe, c’est l’arsenal utilisé : pas de revendications salariales documentées, pas de nouveaux protocoles d’accord sur les conditions de travail, mais des communiqués fallacieux, des déclarations fracassantes, des accusations lancées à la volée dans la presse, sans preuves et sans considération pour les conséquences. Une mécanique rodée au fil des années, dont la finalité est unique : pousser vers la sortie tout dirigeant qui refuse de céder à leurs exigences (positionnement stratégique dans les directions, postes réservés à leurs militants, etc.).

Des allégations dans le but de nuire

« La Poste ne peut pas payer des mandats de 20 000 FCFA », « Sauvons La Poste » ces slogans, largement relayés, ont semé la panique parmi les clients et les épargnants. Des retraits massifs ont suivi, des demandes de crédit ont été bloquées, des familles ont souffert. Et Ibrahima SARR, lui, continuait de diaboliser La Poste et ses services.

Des victimes silencieuses au cœur du système

Pendant que les communiqués et les sorties médiatiques s’enchaînent, ce sont les travailleurs de La Poste qui subissent de plein fouet les conséquences de cette stratégie du chaos. Car une entreprise publique déstabilisée, ce sont d’abord des salariés fragilisés et des familles en souffrance. Les banques leur accordent des crédits sur la base de la fiabilité de leur employeur. Quand Ibrahima SARR martèle chaque semaine que La Poste est au bord du gouffre, ce sont ces mêmes travailleurs qui se voient refuser des prêts, qui peinent à rassurer leurs créanciers, qui regardent leur pouvoir d’achat se rétrécir.

Paradoxe cruel : un syndicat censé défendre les agents de La Poste est dirigé par celui qui leur fait le plus de mal, en détruisant méthodiquement la réputation de l’entreprise et de ses dirigeants, pourtant choisis avec méthode et rigueur sur la base de leurs compétences.

« Quand on crie « La Poste est en faillite » pour forcer un départ, ce ne sont pas les directeurs qui souffrent en premier. Ce sont les travailleurs. »

La clientèle, première victime collatérale

Du côté des usagers, la situation est tout aussi préoccupante. Alertés par les déclarations catastrophistes du SNTPT, des épargnants ont vidé leurs comptes. 

Des clients de longue date ont transféré leurs économies vers d’autres établissements. La confiance, actif le plus précieux d’une institution financière, s’est évaporée au fil des communiqués de presse et des sorties médiatiques.

Car c’est bien là le drame d’une communication syndicale irresponsable : elle ne s’adresse pas seulement aux autorités, elle parle à toute la société. Elle pénètre les foyers, les marchés, les quartiers. Et quand cette communication joue sur la manipulation plutôt que sur la vérité, les dégâts sont réels, immédiats et durables.

Récemment, la tentative de sabotage des départs volontaires a constitué un épisode particulièrement révélateur. Dans de nombreuses entreprises publiques, les plans de départ volontaire représentent une opportunité pour les salariés souhaitant se reconvertir, et un outil de gestion sociale pour la direction. Or, en cherchant à les torpiller, Ibrahima SARR a tenté de prendre en otage des travailleurs qui ont heureusement pu bénéficier d’une sortie digne et négociée.

Un syndicalisme qui se dévore lui-même

La question qui s’impose est simple : à qui profite cette stratégie ? Certainement pas aux postiers. Certainement pas aux clients. Certainement pas à l’image d’une institution qui, malgré ses difficultés réelles, reste un pilier de l’inclusion financière au Sénégal, présente dans des zones que les banques commerciales n’atteignent pas.

Le syndicalisme a une histoire noble. Il est né de la nécessité de préserver les conditions de travail et de valoriser les travailleurs. Au Sénégal comme ailleurs, des syndicats ont arraché des droits fondamentaux, amélioré des conditions de vie, sauvegardé des emplois. Ce combat mérite le respect. Mais ce respect exige aussi de dénoncer les dérives qui le salissent.

Quand un syndicat utilise des contrevérités comme outil de pression, la manipulation comme stratégie de déstabilisation et la psychose ambiante comme levier de pouvoir, il ne pratique plus le syndicalisme : il orchestre une manipulation organisée, au détriment de ceux qu’il prétend représenter.

Quelle issue pour La Poste ?

La Poste n’est pas condamnée ; elle traverse, au contraire, une phase de transformation majeure, résolument engagée sur la voie du redressement. Mais cela ne peut pas se faire dans un climat de guerre permanente.

Les syndicats ont une responsabilité, et les travailleurs eux-mêmes ont le droit de se demander si les combats menés en leur nom le sont vraiment pour eux ou pour d’autres intérêts, moins avouables.

À ceux qui y travaillent avec fierté depuis des années : ces braves femmes et hommes méritent mieux qu’une institution sacrifiée sur l’autel d’ambitions syndicales mal placées.