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S’ESTIMANT PERSECUTER AU SENEGAL: Des personnes LGBTQIA+ se tournent vers vers la France et STOP Homophobie

Dans un contexte de tensions croissantes autour de l’homosexualité au Sénégal, marqué par des arrestations et des actes de violence, des personnes LGBTQIA+ cherchent du soutien à l’étranger. L’association française STOP Homophobie tente d’apporter une écoute et des solutions, malgré des moyens limités.

Au Sénégal, le climat autour des questions liées à l’homosexualité s’est nettement durci ces dernières semaines. Entre menaces, dénonciations et interpellations, de nombreuses personnes présumées homosexuelles vivent dans la peur, dans un pays où les structures d’accompagnement restent quasi inexistantes. Face à cette situation, certains se tournent vers STOP Homophobie, une association française qui propose une ligne d’écoute internationale. À l’autre bout du fil, les témoignages sont souvent alarmants. « Je ne me sens pas en sécurité ici… les gens sont très violents », confie un appelant, inquiet d’être arrêté à tout moment.
Au sein de l’association, les bénévoles tentent d’apporter un soutien moral et d’orienter les victimes. « Nous signalons certains cas aux autorités françaises et envisageons parfois des solutions de relocalisation », explique une intervenante. Mais les marges de manœuvre restent limitées. Actuellement, l’association accompagne plusieurs dizaines de Sénégalais cherchant à quitter le pays. Une tâche délicate, tant les procédures sont longues et incertaines. « Il n’y a pas de solution immédiate. Nous devons écouter, soutenir, sans donner de faux espoirs », reconnaissent les bénévoles.
Malgré tout, quelques cas ont abouti. En France, certains exilés tentent de reconstruire leur vie, souvent dans l’attente d’une décision sur leur demande d’asile. C’est le cas de Thierno (nom d’emprunt), récemment arrivé après avoir fui des violences. Menacé par son entourage et marqué par une agression visant un proche, il vit aujourd’hui dans une structure d’accueil en région parisienne. « Ma vie a basculé. Ici, je suis en sécurité, mais tout est suspendu à ma demande d’asile », confie-t-il.
Pour ces exilés, l’espoir repose sur l’obtention d’un statut protecteur. À ce jour, seuls quelques visas humanitaires ont été accordés à des Sénégalais, preuve d’un parcours semé d’embûches entre fuite, attente et reconstruction.

(Source : Rfi.fr)