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FINALE CAN 2025 -RABAT, LE TRÔNE OU L’AUDACE: Une nuit pour entrer dans la légende

Dimanche soir, le Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat s’embrasera pour une finale de Coupe d’Afrique des nations 2025 au parfum d’exception après 51 matches riche en rebondissements. Pour sa 3e finale sur les quatre dernière éditions, un Sénégal sûr de sa force, habitué des grands rendez-vous défiera le Maroc, pays hôte en quête d’un sacre attendu depuis près d’un demi-siècle. Deux puissances du continent, une étoile chacune, et 90 minutes, ou plus, pour départager deux visions du pouvoir africain.

RABAT, Maroc (Envoyé spécial) – Ce dimanche à 19h00 GMT, Rabat sera le centre de gravité du football africain. Sénégal-Maroc, affiche royale, oppose deux nations installées durablement au sommet du continent. Deuxième nation africaine au classement FIFA derrière le Maroc (11e), le Sénégal (19e) incarne sans doute la sélection la plus régulière de la dernière décennie. Les Lions s’apprêtent à disputer leur troisième finale de CAN sur les quatre dernières éditions, une constance rare à ce niveau.

En face, les Lions de l’Atlas retrouvent la dernière marche pour la première fois depuis 2004, portés par leur statut de pays organisateur et par l’élan du Mondial 2022.

Le choc des certitudes

La tâche s’annonce immense, mais tout sauf impossible pour des Sénégalais qui ont dégagé dans ce tournoi une impression de force tranquille. Deuxième meilleure attaque (12 buts) et deuxième meilleure défense (2 buts encaissés), l’équipe de Pape Thiaw avance avec l’assurance des formations sûres de leur identité. Certes, le public sera massivement marocain, les billets ayant fondu bien avant que les supporters sénégalais ne puissent se déplacer en nombre.

Mais les Lions ont déjà prouvé qu’ils savaient survivre, et même briller, en terrain hostile, à l’image de leur remontada de septembre dernier à Kinshasa face à la RDC, dans un Stade des Martyrs incandescent.Privé de Kalidou Koulibaly et d’Habib Diarra, suspendus, Pape Thiaw devra ajuster sans renier. Mamadou Sarr et Lamine Camara sont pressentis pour intégrer un onze qui a trouvé son équilibre face à l’Égypte. L’enjeu sera clair : résister à la première vague marocaine.

Le Maroc de Walid Regragui impose un pressing coordonné, souvent déclenché très haut, capable d’étouffer la relance adverse comme face au Cameroun en quart et au Nigeria en demi-finale. Pour le Sénégal, la clé passera par la capacité d’Idrissa Gana Gueye à orienter sous pression et par la mobilité des offensifs pour casser les lignes dès la récupération.Cette finale devrait aussi se jouer sur les côtés, terrain d’expression privilégié des deux sélections.

Avec Brahim Diaz, Achraf Hakimi, véritable ailier supplémentaire, ce sera l’une des principales armes marocaines, pendant que le Sénégal cherchera à exploiter la profondeur et les transitions rapides. Entre les deux meilleures défenses du tournoi, chaque erreur de placement, chaque duel perdu pourrait peser lourd. Une finale où l’efficacité primera sur le volume, et où le sang-froid fera la différence. Un duel de styles entre la puissance et la régularité sénégalaise contre la rigueur et l’élan populaire marocain.

Le poids de l’histoire, la force des chiffres

Le Maroc, lui, avance avec la sérénité des équipes convaincues de leur destin. Invaincus, meilleure défense du tournoi (un seul but encaissé, sur penalty), les hommes de Walid Regragui impressionnent par leur montée en puissance et leur maîtrise collective. Brahim Diaz, meilleur buteur (5 buts), Achraf Hakimi, Joueur africain de l’année 2025, Nayef Aguerd ou encore El Khannouss symbolisent un effectif XXL, taillé pour ce moment. En quête d’un titre continental qui lui échappe depuis 1976, le Royaume joue avec l’histoire… et avec les statistiques.

Car les chiffres sont révélateurs. Sur 15 finales disputées par un pays organisateur, 12 ont tourné à son avantage, soit 80% de succès. Seules trois nations hôtes ont chuté à domicile : la Tunisie en 1965, la Libye en 1982 et le Nigeria en 2000. Autant d’exceptions auxquelles le Sénégal peut se raccrocher, lui qui avait brisé ses propres malédictions en 2022 face à l’Égypte.

Le pays de la Téranga pourra également s’appuyer sur un homme sur le banc qui connaît la recette pour faire taire un stade entier : Pape Thiaw. Le sélectionneur des Lions a déjà soulevé un trophée continental en défiant un pays hôte. C’était lors du CHAN 2023 en Algérie. En finale, son Sénégal avait dominé… l’Algérie (0-0, 5 tab 4), chez elle. Il tentera la passe de deux afin de devenir le premier entraineur à décrocher le CHAN et la CAN.Au-delà des chiffres, des primes, 10 millions de dollars (5,6 milliards FCFA) au vainqueur, cette finale raconte surtout une rareté : deux nations majeures du football africain, chacune avec une seule étoile sur le maillot.

Le Maroc (1976), le Sénégal (2021). Dimanche soir, l’une d’elles écrira une page supplémentaire de son histoire. L’autre repartira avec le sentiment d’être passée tout près du sommet. À Rabat, devant un peuple acquis à sa cause, le Maroc joue avec les statistiques. Le Sénégal, lui, avec son sang-froid. Entre la loi du public et celle du terrain, l’Afrique s’apprête à désigner son roi.

Programme

Dimanche 18 janvier 2026

Complexe Prince Moulay Abdellah

19h00 : Sénégal-Maroc

Mouhamed DIEDHIOU