CANDIDATURE AUX NATIONS UNIES: Macky Sall ambitionne de réconcilier un monde fracturé
L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a présenté hier, lors d’une visioconférence, les grandes orientations de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Portée initialement par le Burundi, sa candidature à la succession de António Guterres s’inscrit dans une compétition diplomatique de premier plan.
« Je crois que le système international est fragmenté parce que la confiance s’est érodée. Sans confiance, le multilatéralisme ne peut fonctionner efficacement. Si j’étais choisi comme secrétaire général, je mettrais en œuvre trois changements concrets », a déclaré Macky Sall.
Selon lui, la réforme du système multilatéral doit être portée aussi bien par les grandes puissances que par les petits États, du Nord comme du Sud. Il estime que l’Organisation des Nations unies doit davantage écouter ses membres et agir avec plus d’inclusivité. « Premièrement, en tant que secrétaire général, je serai un bridge-builder, un bâtisseur de ponts, quelqu’un capable de parler à tout le monde, d’écouter chacun, de rapprocher les positions et de maintenir le dialogue, même dans les périodes de fortes tensions », a-t-il affirmé.
Le deuxième axe de son programme concerne l’efficacité de l’institution onusienne. « Je veillerai à ce que l’ONU soit plus efficace sur le terrain. L’organisation doit être rationalisée, plus claire dans son fonctionnement, avec des ressources mieux utilisées et des résultats mieux mesurés », a-t-il expliqué.
Enfin, Macky Sall souhaite faire du développement un pilier central de la consolidation de la paix. « Nous ne pouvons pas combattre le terrorisme, l’instabilité ou les migrations uniquement par des réponses sécuritaires. Nous devons gagner la bataille du développement en créant des emplois pour les jeunes et les femmes, en favorisant l’investissement, les infrastructures, la justice climatique et l’accès au financement », a-t-il soutenu.
L’ancien chef de l’État a également rappelé les limites institutionnelles du poste de secrétaire général des Nations unies. « Le secrétaire général ne dispose ni d’armée ni de police. Son véritable pouvoir réside dans sa crédibilité, son impartialité et son autorité morale », a-t-il souligné.
Macky Sall a enfin assuré que sa démarche ne relève pas d’une ambition personnelle. « Je ne suis pas à la recherche d’une carrière. Je me présente pour avoir un impact, reconstruire la confiance, rétablir le dialogue et aider les Nations unies à redevenir un puissant instrument d’action collective », a-t-il conclu.
Mame Ndella FAYE

