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COUPURES D’ÉLECTRICITÉ DANS LA CAPITALE ET SA BANLIEUE: Nuit d’enfer à Dakar , la coupe est pleine !

La nuit du dimanche 6 au lundi 7 septembre a été éprouvante pour de nombreux habitants de Dakar et de sa banlieue. Privées d’électricité pendant plusieurs heures, des familles ont dû affronter une chaleur étouffante, certaines passant la nuit sur les terrasses ou dans les cours. La Senelec attribue cette panne majeure à un incident technique survenu à la centrale West African Energy (WAE). Elle dément toutefois l’existence d’un programme général de coupures allant du 7 au 13 septembre 2026.

La nuit semble interminable à Keur Mbaye Fall. Dans les chambres privées d’électricité, l’air est devenu presque irrespirable. Ventilateurs immobiles, climatiseurs à l’arrêt et fenêtres grandes ouvertes : chacun cherche désespérément un peu de fraîcheur. 

Dans une maison du quartier, une jeune mère, qui vient d’accoucher d’un garçon, tente tant bien que mal de protéger son nourrisson de la chaleur. « On étouffait dans les chambres », confie-t-elle, le visage marqué par une nuit sans sommeil. Comme elle, plusieurs parents ont déplacé matelas et nattes vers les salons, les terrasses ou les cours, dans l’espoir de trouver un léger courant d’air.

La même scène est rapportée dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue. À mesure que les heures passent, les conversations se prolongent dans l’obscurité, entre soupirs, pleurs d’enfants et interrogations sur la durée de la panne.

« Les enfants pleuraient à cause de la chaleur »

Au-delà de l’inconfort, l’interruption de la fourniture d’électricité a bouleversé le quotidien des ménages. Les téléphones se sont progressivement déchargés, les réfrigérateurs ont cessé de fonctionner et certaines activités commerciales ont été paralysées.

« Nous avons passé une nuit blanche. Les enfants pleuraient à cause de la chaleur. Nous avions ouvert toutes les fenêtres, mais cela ne suffisait pas », témoigne Amy, une mère de famille qui habite les Parcelles Assainies, encore éprouvée au petit matin.

Pour les usagers, l’incertitude a été particulièrement difficile à supporter. Personne ne savait à quelle heure le courant reviendrait ni si son rétablissement serait durable. Dans certains foyers et commerces, il a fallu recourir aux groupes électrogènes.

À la fatigue s’ajoute désormais la colère. Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, cette panne est vécue comme une épreuve supplémentaire. « Avec la cherté des denrées de première nécessité, voilà maintenant que les coupures reviennent. La coupe est pleine », s’emporte Abdou, un habitant de Guédiawaye qui a vécu le calvaire.

Le spectre des délestages ressurgit

Dans les discussions, le souvenir des longues périodes de délestages refait surface. Ces interruptions répétées avaient fortement affecté les ménages et les activités économiques, tout en alimentant une importante contestation sociale.

« Nous avons déjà vécu cela. Nous ne voulons pas revenir en 2012. L’État doit prendre ses responsabilités avant que la situation ne dégénère », avertit un riverain de la Zone de captage.

Les Dakarois disent pouvoir comprendre qu’un incident technique survienne. Ils réclament cependant des explications rapides, une meilleure communication et des garanties sur la fiabilité du réseau.

« Quand une grande partie de la population passe toute une nuit dans le noir et sous une chaleur étouffante, il faut expliquer clairement ce qui s’est passé et apporter des solutions durables », insiste pour sa part Boubacar, résident de Grand-Médine.

Un incident technique à la centrale WAE

La Senelec a reconnu l’ampleur de la panne survenue dans la nuit du dimanche au lundi. Selon la société nationale d’électricité, l’incident était lié à une contrainte technique ayant affecté la centrale West African Energy, l’un des principaux moyens de production du système électrique national, avec une puissance disponible d’environ 240 mégawatts.

« Concernant l’incident majeur survenu dans la nuit, qui a touché de nombreux foyers, notamment à Dakar, il était lié à un problème technique au niveau de la centrale WAE », a expliqué Oumar Diallo, directeur de la distribution de la Senelec, au micro de la RFM.

Selon lui, le service a été entièrement rétabli lundi matin entre 8 heures et 9 heures. Des délestages tournants, limités à une trentaine de minutes, ont néanmoins été ponctuellement appliqués afin de soulager le réseau lorsque cela s’avérait nécessaire.

Senelec dément un programme de coupures

Parallèlement à cet incident, une annonce faisant état de coupures d’électricité programmées du 7 au 13 septembre 2026 a circulé sur les réseaux sociaux et certains sites d’information. La Senelec a formellement démenti ce prétendu calendrier, précisant que le document ne provenait aucunement de ses services.

La société invite ses clients et le grand public à ne pas relayer cette fausse information et à vérifier systématiquement l’authenticité des annonces auprès de ses canaux officiels.

Senelec rappelle toutefois que des avis de travaux sont régulièrement publiés tout au long de l’année. Ces interventions concernent des zones géographiques et des plages horaires précises. Elles sont destinées à l’entretien, à la maintenance et à l’amélioration du réseau électrique.

Selon l’entreprise, ces opérations visent à renforcer la qualité et la fiabilité du service, avec des dispositions prises pour réduire au maximum leur impact sur le quotidien des populations concernées.

Les populations réclament des garanties

Ce démenti écarte l’hypothèse d’un programme général de coupures du 7 au 13 septembre, mais il ne suffit pas à dissiper l’inquiétude née de la longue panne nocturne. « Il faut agir maintenant. Il ne faut pas attendre que les populations descendent dans la rue pour réagir », prévient Lamine, un jeune Dakarois frustré par la situation.

Lorsque le courant revient enfin, les ventilateurs recommencent à tourner et les téléphones sont aussitôt branchés. Le soulagement reste cependant mêlé d’appréhension. Dans les foyers encore marqués par cette nuit blanche, une question demeure : cet incident restera-t-il isolé ou annonce-t-il de nouvelles perturbations ?

Adama AIDARA