LUTTE -TOMBEUR DE BOY NIANG 2 CE DIMANCHE: Reug Reug signe un retour éclatant… mais une séquence choque et divise
Vainqueur éclatant de Boy Niang 2 à l’Arène nationale de Pikine ce dimanche, Reug Reug se retrouve au cœur d’une vive controverse après la diffusion d’images liées à une préparation mystique impliquant des chatons. Une séquence qui choque, divise et relance le débat sur les limites des rituels dans la lutte sénégalaise.
À l’Arène nationale de Pikine, Reug Reug a une nouvelle fois imposé sa puissance, dominant Boy Niang 2 au terme d’un combat très attendu. Mais au-delà du succès sportif de la « Foudre de Thiaroye », c’est un épisode survenu lors de sa préparation mystique qui a embrasé les réseaux sociaux et relancé un débat sensible dans la lutte sénégalaise.
Sur une vidéo relayée après le combat, le lutteur a utilisé un seau d’eau dans lequel se trouvaient deux chatons, lors d’un rituel d’avant-combat. Après s’être aspergé le liquide béni, l’objet a été reposé au sol avec les animaux encore trempés. Des images et récits diffusés en ligne ont rapidement suscité une vague d’indignation, certains évoquant un acte d’« extrême cruauté envers des êtres vivants sans défense ».
Face à la polémique, l’intéressé a réagi ce lundi au micro de Gaston Productions TV. Sans détour, Oumar Kane a minimisé les faits : « Ce n’est rien. C’est juste une pratique mystique inhérente à la lutte. C’est moi-même qui l’ai préparé. J’ai mis les deux chats dans le seau d’eau pour ensuite me baigner avec. Où est le problème ? » a-t-il déclaré, assumant un rituel qu’il dit avoir conduit seul, sans conseil extérieur.
Le lutteur insiste sur la dimension spirituelle de sa démarche, évoquant une discipline marquée par les croyances et la protection mystique face à des « ennemis ». Avant de conclure : « Je ferai toujours tout le nécessaire, sur le plan mystique, pour obtenir une victoire, même si ma vie devait en pâtir ».
Une sortie qui n’a fait qu’amplifier la controverse, alors que la Fédération sénégalaise de lutte (FSL) ne s’est pas encore prononcée. En interne, une prise de position est attendue, tant la séquence a provoqué un tollé au-delà du cercle des amateurs de lutte.
Au-delà du cas individuel, l’affaire rouvre une question récurrente, celle de la place des pratiques mystiques dans l’arène. Entre tradition revendiquée, préparation psychologique et limites éthiques, la frontière apparaît de plus en plus discutée dans une discipline où le rituel mystique reste indissociable de la performance.
Mouhamed DIEDHIOU

