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PRET IMPAYE DE 50 MILLIONS DE LA DER-FJ: Aliou Dembourou Sow rattrapé par un reliquat de 34 millions

L’ancien député apériste et président de la Convergence des Éleveurs pour l’Émergence du Sénégal (CEES), Aliou Demba Sow, plus connu sous le nom de Dembourou Sow, s’est retrouvé ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire portant sur un financement de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ).

Poursuivi pour escroquerie sur les deniers publics, l’ex-président du Conseil départemental de Ranérou, Aliou Demba Sow, plus connu sous le nom de Dembourou Sow, a comparu libre après son déferrement par la Division des investigations criminelles (DIC) le 4 juin dernier. Au cœur du dossier figure un reliquat de 34,2 millions de FCFA sur un financement de 50 millions de FCFA accordé en juin 2021 à la CEES dans le cadre d’une opération spéciale Tabaski destinée à soutenir les acteurs de l’élevage.
Selon les représentants de la DER/FJ, la convention signée entre les deux parties prévoyait un remboursement échelonné sur trois mois. Mais après un premier versement de 16,3 millions de FCFA, aucun autre paiement n’aurait été effectué, malgré plusieurs relances et mises en demeure adressées au bénéficiaire.
Face aux enquêteurs, Dembourou Sow n’a pas contesté l’existence de la dette. Il soutient toutefois que les fonds n’ont jamais servi à des fins personnelles. Selon sa version, l’argent aurait été intégralement redistribué à des membres de la CEES afin de financer leurs activités d’élevage. L’ancien parlementaire affirme qu’une liste de 24 bénéficiaires avait été établie. Vingt-trois d’entre eux auraient reçu chacun deux millions de FCFA, tandis qu’un autre aurait bénéficié d’une enveloppe de cinq millions de FCFA. Les bénéficiaires se seraient engagés à rembourser les sommes dans un délai de six mois.
Mais le mécanisme aurait rapidement déraillé. D’après Dembourou Sow, plusieurs bénéficiaires ont refusé de restituer les fonds, estimant qu’il s’agissait d’un appui politique distribué sous le régime de l’ancien président Macky Sall et non d’un prêt à rembourser. Cette explication n’a cependant pas dissipé les interrogations des enquêteurs. La DIC relève notamment plusieurs incohérences dans le dossier. Sollicité pour fournir la liste complète des bénéficiaires, le président de la CEES n’a transmis que les coordonnées de neuf personnes.
Les auditions menées ont permis de confirmer que certains membres avaient effectivement reçu deux millions de FCFA chacun. Toutefois, la plupart ont déclaré ignorer la provenance exacte des fonds ainsi que les conditions de remboursement. Ils affirment avoir simplement été invités à utiliser l’argent pour développer leurs activités pastorales.
Ces déclarations renforcent les soupçons des enquêteurs, qui cherchent à déterminer si le financement de la DER/FJ a réellement été utilisé conformément aux objectifs déclarés ou s’il a servi à d’autres fins. Au-delà du sort judiciaire de Dembourou Sow, cette affaire relance le débat sur le suivi des financements publics accordés aux organisations professionnelles et sur les mécanismes de contrôle mis en place pour garantir leur remboursement.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, dans l’attente de sa décision.

Mariem DIA