COMMUNE DE GRAND-YOFF: Le service de l’état civil expulsé de ses locaux pour défaut de paiement
La commune de Grand-Yoff se retrouve au cœur d’une situation pour le moins préoccupante. Le service de l’état civil a été expulsé de ses locaux après plus de 14 mois de loyers impayés. Mamina Diedhiou, responsable de Pastef à Grand-Yoff et coordonnateur du programme « Set-Sétal », pointe l’incurie du maire.
L’expulsion du service de l’état civil a été expulsé de l’immeuble qui abritait ses locaux, pour cause de plus de 14 mois de loyers impayés, a provoqué une interruption temporaire du fonctionnement de ce bureau public essentiel, chargé de la délivrance de documents administratifs indispensables, tels que les actes de naissance, de mariage ou de décès.
Une situation qui pourrait également impacter les démarches scolaires et universitaires, l’extrait d’état civil étant une pièce obligatoire dans plusieurs procédures administratives.
Selon Mamina Diédhiou, le bailleur des locaux abritant le service de l’état civil de la commune a procédé au déguerpissement du service avec le concours d’un huissier de justice, à la suite du défaut de paiement du loyer. Il estime que cette situation est « particulièrement préoccupante, au regard de l’importance stratégique de l’état civil pour une commune de l’envergure de Grand-Yoff.
L’état civil constitue en effet un service fondamental garantissant l’enregistrement, la conservation et la sécurisation des actes de naissance, de mariage et de décès, des documents indispensables à l’exercice des droits civiques et administratifs des citoyens ».
Un déménagement précipité dans un contexte d’urgence pourrait par ailleurs exposer la commune à des risques sérieux, notamment en ce qui concerne la protection, l’intégrité et la traçabilité des registres officiels, se désole le responsable de Pastef. Une telle situation pourrait également créer un désarroi au sein de la population et entraîner d’importants désagréments administratifs.
Face à l’urgence, le maire de la commune a décidé de transférer provisoirement le service de l’état civil au poste de santé de Khar-Yalla, afin d’assurer la continuité du service public. Toutefois, cette affaire soulève plusieurs interrogations.
Les informations disponibles tendent à croire que les paiements relatifs au loyer avaient été régulièrement budgétisés, aussi bien dans l’exercice 2025 que dans celui de 2026. Les crédits destinés au règlement du bailleur auraient donc été prévus et inscrits dans les documents budgétaires de la commune.
Dès lors, plusieurs questions demeurent : à quel moment la commune a-t-elle connu une défaillance financière justifiant ce défaut de paiement ? S’agit-il d’une mauvaise orientation budgétaire ou d’une défaillance dans l’exécution des dépenses prévues ? Et surtout, qu’est-il advenu des crédits initialement destinés au paiement du bailleur ?
Autant d’interrogations qui appellent des éclaircissements transparents, afin de situer les responsabilités et de préserver la crédibilité de l’administration communale.Pour l’heure, c’est le silence du côté du maire et de l’équipe municipale. Personne n’a voulu répondre à nos interpellations.
Lamine DIEDHIOU

