SUBVENTION DE L’ÉTAT SUR LE RIZ LOCAL: Les producteurs saluent la mesure, mais réclament un frein aux importations
L’État du Sénégal a décidé d’accorder une subvention de 50 FCFA sur le kilogramme de riz local afin de soutenir la production nationale et faciliter son écoulement sur le marché. Une mesure saluée par les producteurs, qui appellent toutefois le gouvernement à aller plus loin en limitant les importations de riz pour favoriser la consommation locale.
Le gouvernement du Sénégal a pris la décision d’appliquer une subvention de 50 FCFA sur le kilogramme de riz local pour faciliter son écoulement sur le marché, annoncée par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté alimentaire et promouvoir la production locale.
Selon le communiqué officiel, la subvention de 50 FCFA par kilogramme sera accordée pour l’achat de riz produit au Sénégal afin d’inciter les commerçants à s’approvisionner auprès des producteurs locaux. Dans ce cadre, les opérateurs économiques sont invités à procéder à l’enlèvement des stocks de riz local disponibles et à se rapprocher de la Direction du Commerce intérieur pour la mise en œuvre rapide de cette mesure.
Economie de 2 500 FCFA par sac
Cette subvention permettra une réduction estimée à 2 500 FCFA sur le sac de 50 kilogrammes, une mesure jugée encourageante par les acteurs agricoles. Badara Sall, président de l’Organisation des Paysans du Sénégal (OPS), se félicite de cette initiative. « C’est une annonce que nous accueillons avec satisfaction. Cette mesure permettra aux producteurs d’écouler leurs productions. Nous nous en réjouissons vraiment », a-t-il déclaré.
Toutefois, il estime que des mesures complémentaires sont nécessaires, notamment pour rendre le riz local plus compétitif face au riz importé. « Nous voulons que l’État subventionne davantage pour que le riz de la vallée soit au même prix que le riz importé. Il faut aussi bloquer les importations pour que les Sénégalais consomment le riz local », a-t-il plaidé.
Il rappelle qu’actuellement, le sac de 50 kg de riz importé (indien ou pakistanais) se vend autour de 15 000 FCFA, tandis que le riz local atteint environ 20 000 FCFA sur le marché. « Certains commerçants vendent le sac de 25 kg à 10 000 FCFA, d’autres à 9 000 ou 8 500 FCFA, mais malgré cela le prix reste encore élevé », a-t-il déploré.
Étendre la mesure à d’autres produits agricoles
Même son de cloche du côté du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). « Je salue cette annonce du ministère de l’Industrie et du Commerce. Cela soulage les producteurs et encourage la consommation locale. Mais l’État doit faire la même chose pour d’autres produits comme l’oignon ou la pomme de terre. Tout ce que nous produisons dans le pays devrait d’abord être vendu ici », a réagi le porte-parole du CNCR, Sidy Ba.
Les acteurs agricoles ont également salué la circulaire du Premier ministre Ousmane Sonko demandant aux ministres de privilégier l’approvisionnement des structures publiques en riz d’origine sénégalaise. Cette orientation vise à soutenir les producteurs locaux, qui rencontrent souvent des difficultés à écouler leurs récoltes malgré une production en hausse ces dernières années.
Pour Badara Sall, cette dynamique doit être consolidée. « L’État est sur la bonne voie. C’est exactement ce que nous souhaitons : que les Sénégalais consomment ce qui est produit localement », a-t-il conclu.
Abdoulaye DIAO

