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HABITATION: Près de 12,5 millions de Sénégalais vivent dans des zones à haut risque environnemental

C’est l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) qui le révèle dans une enquête nationale, près de 12,5 millions de personnes (67,8% de la population) du Sénégal, résident dans des zones exposées à des menaces environnementales majeures : inondations, pollution, circulation dense ou proximité d’industries. Les femmes, les enfants et les personnes handicapées figurent parmi les plus vulnérables, tandis que les régions de Fatick, Ziguinchor, Saint-Louis et Dakar apparaissent comme les plus exposées.

Une large majorité des Sénégalais vit dans des zones exposées à des risques environnementaux élevés. C’est ce que révèle l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité de la population selon le genre (ENREGV), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en collaboration avec ONU-Femmes. Publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le rapport dresse un constat préoccupant : 67,8% de la population, soit près de 12,5 millions de personnes, réside dans une zone à risque environnemental élevé.

Selon l’étude, ces zones à risque concentrent une proportion importante de populations vulnérables : 67,4% de femmes, 65,6% d’enfants de moins de 18 ans et 67,4% de personnes âgées de 65 ans ou plus sont directement exposés. Le rapport précise également que 865 306 personnes en situation de handicap vivent dans ces zones, soit près de 69% de l’ensemble des personnes handicapées au Sénégal.

Les zones les plus préoccupantes sont les marchés et marchés hebdomadaires (47,5%), les axes à forte circulation automobile (30,6%), les centrales électriques ou lignes à haute tension (28,2%) et les zones inondables (28,2%).

Les ménages dirigés par des femmes, plus exposés

L’étude souligne par ailleurs des écarts selon le sexe du chef de ménage. Les ménages dirigés par des femmes sont davantage exposés à certaines menaces. Marchés et marchés hebdomadaires : 59,8% contre 43,6% pour les ménages masculins. Zones à forte circulation : 36,5% contre 28,7%. Centrales électriques et lignes à haute tension : 32,2% contre 27,0%. Basses terres et zones inondables : 30,5% contre 27,5%. Bord de mer : 29,2% contre 21,1%.

En revanche, les ménages dirigés par des hommes sont plus proches des zones agricoles (24,3% contre 22,4%), des zones déboisées (13,3% contre 11,8%) ou encore des sites d’extraction minière (7,9% contre 6,1%).L’ANSD indique que 83,6% de la population vit dans des logements ou sur des terrains situés en zone à haut risque environnemental.

Le phénomène est plus marqué en milieu urbain (88,7%) qu’en milieu rural (77,4%). Aucune différence majeure n’a été notée entre hommes et femmes à l’échelle nationale. Toutefois, en zone urbaine, les femmes apparaissent légèrement plus exposées (89,0% contre 88,3%), tandis qu’en milieu rural, les hommes le sont davantage (77,7% contre 77,1%).

Des disparités régionales fortes

Les régions de Fatick (98,6%), Ziguinchor (93,6%), Saint-Louis (92,2%), Dakar (92,1%), Matam (91,3%) et Kaolack (89,8%) affichent les taux d’exposition les plus élevés. À l’inverse, les régions de Tambacounda (43,4%), Louga (57,2%) et Kaffrine (66,9%) présentent les niveaux d’exposition les plus faibles.

Les analyses par genre montrent enfin que les femmes sont plus exposées que les hommes dans plusieurs régions : Ziguinchor (94,2% contre 93,0%), Saint-Louis (92,5% contre 91,9%), Kédougou (84,5% contre 82,2%), Kaolack (90,1% contre 89,4%) et Diourbel (83,7% contre 80,1%).

Mamadou Lamine CAMARA