Canicule en France: hausse des noyades en raison de chaleurs plus précoces et plus tardives
En France, l’été 2025 rime avec noyade : leur nombre a progressé de 50 % par rapport à la même période l’année dernière, selon un bulletin de Santé publique France publié le 1er août. Une augmentation en partie expliquée par la canicule exceptionnelle du début de l’été dans l’Hexagone. Et la tendance risque de ne pas s’inverser à l’avenir en raison de vagues de chaleur plus précoces et plus tardives.
Pendant deux semaines, entre le 19 juin et le 4 juillet, une canicule exceptionnelle s’est abattue sur la France. Plus de chaleur, plus de baigneurs et des points d’eau saturés. Ce qui explique en partie l’augmentation des noyades : 86 décès par noyade ont été enregistrés contre 36 sur les mêmes jours de 2024.
« Comme les lieux de baignade aménagés et autorisés ont été vraisemblablement pris d’assaut, il y a des personnes qui ont pu chercher à se baigner dans des endroits non aménagés ou non surveillés pour la baignade en milieu naturel », explique Aymeric Ung, épidémiologiste à Santé publique France, au micro de Baptiste Coulon, du service France de RFI.
Ces baignades sont plus dangereuses, car elles sont non surveillées. Il pourrait y en avoir davantage à l’avenir, en raison de vagues de chaleurs plus précoces et plus tardives, explique Axel Lamotte de la fédération française des maitres nageurs sauveteurs : « À l’avenir, on va peut-être avoir des saisons de baignade qui vont commencer mi-avril, mi-mai et qui vont s’étaler jusqu’aux vacances de la Toussaint, par exemple. Il va falloir que nous nous adaptions à cette modification du climat. »
S’adapter, en allongeant par exemple les périodes de surveillance des plages, des lacs ou des cours d’eau, et ainsi éviter les noyades. Il faut pour cela former davantage de maitres nageurs sauveteurs : il en manque 5 000 en France. Cela pour relever ce qui est à la fois un défi sécuritaire et un enjeu de santé publique.
Près de 200 noyades entre juin et juillet
Début août, les autorités sanitaires ont appelé à respecter les interdictions de baignade, pointant les risques liés aux sites non surveillés. Cela alors qu’environ 200 personnes, dont 27 enfants et adolescents, ont perdu la vie par noyade en moins de deux mois en France.
Entre le 1er juin et le 23 juillet, 193 décès par noyade, sur 702 noyades enregistrées au total, ont été recensés dans l’Hexagone et en Outre-mer, annonce Santé publique France, constatant que les fortes températures ont « entraîné un afflux des populations vers les sites de baignade pour se rafraîchir ». Cela représente un bond de 45 % comparé à la même période de l’an dernier, où 133 morts avaient été comptabilisées, précise l’agence sanitaire.
Si cette hausse des noyades mortelles a concerné toutes les classes d’âge, les adolescents sont fortement touchés : 27 enfants et adolescents ont perdu la vie en 2025 contre 15 en 2024, et 30 % des jeunes noyés (13 à 17 ans) sont décédés, contre 13 % sur la même période de l’an dernier. Toujours sur cette période, le nombre de noyades de mineurs suivies de décès dans des cours d’eau a été multiplié par près de quatre : on en recense 15, contre 4 en 2024, s’alarme Santé publique France.

