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Les derniers glaciers d’Afrique de l’Est sont condamnés à disparaître

Les glaciers tropicaux d’Afrique de l’Est, essentiellement situés au Kilimandjaro, au mont Kenya et dans le massif du Rwenzori, disparaissent du fait du réchauffement climatique. Avec quelles conséquences pour les populations locales?L’Afrique est connue pour ses forêts pluviales, ses savanes et ses déserts. Des écosystèmes qui couvrent l’essentiel du continent. Mais il possède lui aussi ses régions couvertes en permanence par la glace.Les glaciers d’Afrique de l’Est sont situés à proximité de l’équateur, à des altitudes supérieures à 5000 mètres. Les plus vastes se trouvent en Tanzanie, sur le mont Kilimandjaro, toit du continent. On en trouve d’autres sur le mont Kenya et dans le massif du Rwenzori, en Ouganda.Comme ailleurs sur la planète, les glaciers africains fondent à cause du réchauffement climatique. Ce qui affecte les populations vivant au pied des montagnes.De 19,5 à 1,4 km² en un siècle »Les glaciers africains ont perdu plus de 90% de leur surface depuis 1900″, indique Rainer Prinz à SWI swissinfo.ch. Ce glaciologue à l’Université d’Innsbruck est le correspondant pour le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie du Service mondial de surveillance des glaciers (WGMS), basé en Suisse. Il est coauteur d’une des études les plus récentes et les plus complètes sur les glaciers africains.En un siècle à peine, la superficie recouverte par les champs de glace en Afrique est passée de 19,5 à 1,4 km², selon l’étude. En clair, ce solde couvrirait moins de la moitié de la superficie de Central Park à New York.Deuxième plus haut sommet d’Afrique, le mont Kenya pourrait, dans les années à venir, devenir la première montagne de la planète à perdre l’entier de sa glace du fait du changement climatique provoqué par l’espèce humaine. »Sans modifications significatives des conditions climatiques locales, les glaciers d’Afrique de l’Est devraient disparaître presque complètement d’ici la moitié du siècle », estime Rainer Prinz.

Le Kilimandjaro, la plus haute montagne d’Afrique, abrite certains des derniers glaciers du continent. – [Keystone]

L’Afrique est connue pour ses forêts pluviales, ses savanes et ses déserts. Des écosystèmes qui couvrent l’essentiel du continent. Mais il possède lui aussi ses régions couvertes en permanence par la glace.Les glaciers d’Afrique de l’Est sont situés à proximité de l’équateur, à des altitudes supérieures à 5000 mètres. Les plus vastes se trouvent en Tanzanie, sur le mont Kilimandjaro, toit du continent. On en trouve d’autres sur le mont Kenya et dans le massif du Rwenzori, en Ouganda.Comme ailleurs sur la planète, les glaciers africains fondent à cause du réchauffement climatique. Ce qui affecte les populations vivant au pied des montagnes.De 19,5 à 1,4 km² en un siècle »Les glaciers africains ont perdu plus de 90% de leur surface depuis 1900″, indique Rainer Prinz à SWI swissinfo.ch. Ce glaciologue à l’Université d’Innsbruck est le correspondant pour le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie du Service mondial de surveillance des glaciers (WGMS), basé en Suisse. Il est coauteur d’une des études les plus récentes et les plus complètes sur les glaciers africains.En un siècle à peine, la superficie recouverte par les champs de glace en Afrique est passée de 19,5 à 1,4 km², selon l’étude. En clair, ce solde couvrirait moins de la moitié de la superficie de Central Park à New York.Deuxième plus haut sommet d’Afrique, le mont Kenya pourrait, dans les années à venir, devenir la première montagne de la planète à perdre l’entier de sa glace du fait du changement climatique provoqué par l’espèce humaine. »Sans modifications significatives des conditions climatiques locales, les glaciers d’Afrique de l’Est devraient disparaître presque complètement d’ici la moitié du siècle », estime Rainer Prinz.Le glacier Lewis sur le mont Kenya a perdu 90% de son volume entre 1934 et 2010. [AFP]Le glacier Lewis sur le mont Kenya a perdu 90% de son volume entre 1934 et 2010. [AFP]Les glaciers africains fondent car il neige moinsLe recul des glaciers africains n’est pas une conséquence directe de la hausse des températures, comme c’est le cas dans les Alpes. Il résulte plutôt de modifications du régime des précipitations, elles-mêmes causées par le réchauffement climatique. C’est donc une conséquence « indirecte ». »Les glaciers d’Afrique de l’Est, comme leurs homologues tropicaux ailleurs, sont moins sensibles aux évolutions des températures de l’air », explique Rainer Prinz. Mais ils réagissent aux variations de l’humidité, de la couverture nuageuse et des précipitations.La saison des pluies en Afrique de l’Est intervient entre octobre et décembre et entre mars et mai. En altitude, les précipitations se produisent sous forme de neige qui se transforme ensuite en glace.Moins de nuages, plus de vapeur d’eauMais les modifications de la température de surface de l’océan Indien depuis la fin du 19e siècle ont entraîné une diminution de ces précipitations. Résultat: il neige moins sur les glaciers.Les masses de glace sont privées de la couverture blanche qui les protège du rayonnement solaire, précise Rainer Prinz. « C’est cela qui fait fondre les glaciers. »La couverture nuageuse en montagne régresse elle aussi. D’où une exposition accrue des glaciers aux rayons du soleil. En dépit de températures négatives en altitude, le soleil est à même de transformer directement la glace en vapeur d’eau, ce qui favorise la fonte.

Glaciers trop petits pour servir de réservoirs d’eauLes glaciers d’Afrique de l’Est sont emblématiques et revêtent une grande importance émotionnelle et spirituelle, indique Rainer Prinz. « Leur disparition pourrait mettre en péril l’identité culturelle de la population locale. »Le glaciologue considère en revanche que la fonte des glaciers n’aura pas d’impact sur l’approvisionnement en or bleu. « Les glaciers africains sont trop petits pour servir de réservoirs d’eau pour la région », observe-t-il.Les principales réserves d’eau en Afrique de l’Est ne se situent pas au niveau des glaciers, mais des forêts de montagne, explique le glaciologue. « C’est là qu’on observe les plus fortes précipitations. Qui plus est, leur étendue s’avère bien plus importante que celle des glaciers. »L’importance de protéger les forêts de montagneCes forêts font partie d’un écosystème menacé qui contribue à assurer l’approvisionnement hydrique alors que les glaciers reculent. Elles se trouvent à des altitudes comprises entre 1000 et 3500 m, là où le climat est plus humide que dans les plaines environnantes. Les forêts de montagne interviennent comme des éponges naturelles, absorbant l’eau de pluie et la libérant lentement.Cela dit, leur superficie régresse du fait de l’expansion de l’agriculture et de l’exploitation forestière. « Ces forêts doivent être protégées », en conclut Rainer Prinz.Les stratégies d’adaptation à la fonte des glaciers africains et au réchauffement climatique en général passent aussi par une meilleure gestion des ressources en eau. Plusieurs projets visent à réutiliser les eaux usées ménagères, mettre en place des systèmes de collecte des eaux de pluie et réduire les pertes, en améliorant l’efficacité des systèmes d’irrigation par exemple.