Présidentielle en Côte d’Ivoire : la Cour africaine rejette les recours de Gbagbo et Soro
L’ancien président et l’ex-Premier ministre ont été radiés des listes électorales après des condamnations par la justice de leur pays. Ils ont cherché à faire valoir auprès de la juridiction internationale que certains de leurs droits avaient été bafoués, sans succès.
Jeudi 26 juin, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), chargée de l’application des droits fondamentaux sur le continent, a rejeté les recours de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro. Ces deux opposants au président Alassane Ouattara avaient déposé leurs requêtes en 2020.Tous deux condamnés par la justice ivoirienne, ils considéraient que plusieurs de leurs droits avaient été violés lors de ces procédures et que l’institution judiciaire ne les avait pas traités correctement. Déjà écartés du scrutin présidentiel en 2020, ils ne peuvent pas non plus se présenter à l’élection d’octobre.
Dans un premier arrêt, jeudi, la CADHP, basée à Arusha en Tanzanie, a notamment estimé que Laurent Gbagbo « n’avait pas apporté la preuve de ses allégations ». Elle a aussi décidé que la Côte d’Ivoire n’a pas violé son « droit de participer librement à la direction des affaires publiques » et que l’ancien chef de l’État n’a pas été victime de traitement inégalitaire.
Dans un autre arrêt, la Cour a jugé la requête de Guillaume Soro « irrecevable » car il restait des « recours internes » au requérant lorsqu’il avait déposé sa requête.
En septembre 2020, dans des ordonnances provisoires, la CADHP avait pourtant exigé que les deux hommes soient réinscrits sur les listes électorales et puissent être candidats. Mais quelques mois plus tôt, la Côte d’Ivoire avait « retiré sa déclaration de compétence » à la Cour, estimant que ses décisions « portaient atteinte à sa souveraineté » et avait affirmé ne pas être contrainte par ces décisions.Aujourd’hui en exil, Guillaume Soro a été condamné en 2020 à la prison à vie pour atteinte à la sûreté de l’État. Quant à Laurent Gbagbo, s’il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité au moment de la crise postélectorale de 2010-2011, il a été condamné par la justice ivoirienne en 2018, en son absence, à vingt ans de prison dans l’affaire dite du « casse » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Deux autres candidats au scrutin présidentiel ont été radiés des listes électorales, Tidjane Thiam et Charles Blé Goudé.
(Avec AFP)

