POUVOIR D’ACHAT, SANTE, EMPLOI: Diomaye presse le gouvernement d’agir
Après l’accord technique conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), le président de la République veut accélérer la prise en charge des urgences économiques et sociales. Bassirou Diomaye Faye demande au gouvernement d’intensifier son action sur plusieurs fronts : cherté de la vie, loyers, emploi des jeunes, protection sociale, système de santé et relance de l’investissement.
En Conseil des ministres, hier, le chef de l’État a salué la signature de l’accord technique de principe entre le Sénégal et le FMI. Le programme envisagé, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), devrait permettre de mobiliser 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de francs CFA, sur trois ans. Bassirou Diomaye Faye a félicité le Premier ministre, les ministres chargés de l’Économie, des Finances et du Budget, ainsi que les services de l’État impliqués dans les négociations. Il attend désormais du nouvel accompagnement financier qu’il soutienne les réformes économiques et budgétaires engagées par le Sénégal.
Un gouvernement « d’actions et de résultats »
Au-delà de l’accord avec le FMI, le président de la République appelle l’équipe gouvernementale à accélérer la cadence. Il lui demande d’être un gouvernement « d’actions, de réalisations et de résultats », capable d’apporter des réponses concrètes aux attentes des populations. La préservation du pouvoir d’achat est érigée en priorité.
Le chef de l’État réclame une application rigoureuse de la législation sur les prix et la protection du consommateur afin de mieux maîtriser les coûts des denrées et des services de consommation courante. Cette politique devra être menée en cohérence avec l’objectif de souveraineté alimentaire. Le gouvernement est également invité à mettre en place un système de veille stratégique pour sécuriser durablement l’approvisionnement du pays et prévenir les tensions sur les marchés.
Loyers : le gouvernement sommé de renforcer les contrôles
Face aux difficultés rencontrées par les ménages, le président de la République insiste aussi sur la régulation des loyers. Il préconise le déploiement effectif de mécanismes réglementaires et coercitifs contre les pratiques contraires aux textes en vigueur.
La relance économique devra, parallèlement, s’accompagner d’une maîtrise exceptionnelle des finances publiques et d’un soutien accru à l’investissement productif. Le Premier ministre est ainsi chargé d’accélérer la relance des filières et des secteurs essentiels, en concertation avec les acteurs privés. Dans cette perspective, un Conseil présidentiel de l’investissement doit être prochainement organisé avec l’ensemble des organisations du secteur privé. Cette rencontre devra permettre d’identifier les obstacles à l’investissement et de proposer des mesures destinées à améliorer l’environnement des affaires.
Hydrocarbures : une session spéciale du COS-PETROGAZ annoncée
Le suivi du secteur pétrolier et gazier figure également parmi les priorités présidentielles. Bassirou Diomaye Faye annonce la tenue prochaine d’une session spéciale du COS-PETROGAZ afin de renforcer le pilotage stratégique des hydrocarbures.
Il demande, en outre, l’activation des instances de gouvernance du Fonds intergénérationnel. Celles-ci devront procéder à la validation technique de la stratégie d’investissement proposée par le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS).
Formation, emploi et préparation des rentrées
Sur le front de l’emploi, le chef de l’État rappelle la place centrale du triptyque « Jeunesse, Employabilité et Emploi ». Il demande l’accélération de la formation duale et de la construction des centres départementaux de formation professionnelle et technique.
Les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), les infrastructures scolaires et universitaires devront également faire l’objet d’un suivi renforcé. Le gouvernement est, par ailleurs, appelé à assurer une bonne préparation des prochaines rentrées scolaire et universitaire.
Le président de la République demande également la finalisation du projet de loi de finances pour 2027. Le programme de travail global du gouvernement devra être décliné par le Premier ministre lors de sa prochaine Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, convoquée en session extraordinaire.
Bourses familiales : paiement demandé « dans les meilleurs délais »
La consolidation de la politique sociale occupe une place importante dans les orientations présidentielles. Le Premier ministre est chargé de prendre les dispositions nécessaires pour activer, « dans les meilleurs délais », le paiement des bourses de sécurité familiale sur la base du Registre national unique actualisé et validé.
Le chef de l’État demande également une évaluation de la loi d’orientation sociale, des mécanismes de protection sociale et de la Carte d’égalité des chances. Une réflexion doit être engagée sur le financement durable de la Couverture sanitaire universelle, la revalorisation des pensions de retraite et la préservation des acquis des institutions de protection sociale. Le Fonds de solidarité nationale et le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience devront aussi être renforcés.
Le ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités doit, pour sa part, présenter lors du prochain Conseil des ministres le projet de loi consacré à l’autonomisation économique des femmes.
Santé : concertations sociales et programme d’urgence
Dans un contexte marqué par des tensions dans le secteur sanitaire, Bassirou Diomaye Faye demande au gouvernement d’engager des concertations avec toutes les parties prenantes afin de parvenir à une stabilité sociale durable. Il réclame également l’accélération de la réception des infrastructures sanitaires en construction, notamment l’hôpital Aristide Le Dantec, le Centre national d’oncologie et l’hôpital de Ourossogui.
Le Premier ministre devra travailler à l’élaboration d’un programme d’urgence destiné à densifier la carte sanitaire en établissements publics de santé. Le gouvernement est enfin invité à renforcer la veille sanitaire, à mobiliser les moyens nécessaires aux campagnes nationales de vaccination et à accélérer le recrutement de nouveaux personnels de santé.
Adama AIDARA

