À Jérusalem, les autorités congolaises et israéliennes renforcent leur coopération
Le président congolais Félix Tshisekedi a quitté Israël, mercredi 2 septembre, au terme d’une visite de travail de trois jours lors de laquelle il a rencontré, à Jérusalem, le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Kinshasa et les autorités israéliennes affichent leur volonté d’approfondir une relation déjà ancienne, avec un accent particulier sur la sécurité, l’agriculture et les technologies.
C’est à l’invitation du président Isaac Herzog que Félix Tshisekedi a effectué ce deuxième déplacement en Israël depuis son arrivée au pouvoir. Au-delà des déclarations d’amitié, Israël et la République démocratique du Congo (RDC) souhaitent désormais passer à des projets concrets.Une visite de réciprocité : le chef de l’État israélien s’était lui-même rendu à Kinshasa en novembre 2025. À Jérusalem, Isaac Herzog a insisté sur la proximité politique entre les deux pays. « Les relations que nous entretenons avec la RDC sont extrêmement importantes pour nous. Elles sont très, très bonnes », s’est félicité le chef de l’État. « Nous coopérons et travaillons ensemble dans de très nombreux domaines. Nous apprécions votre soutien à Israël, monsieur le Président, sur la scène internationale, et cette visite témoigne de la profondeur et de l’importance de ces relations », a-t-il ajouté.
Avec Isaac Herzog, puis avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu, Félix Tshisekedi a discuté de sécurité et de défense, mais aussi d’agriculture, d’énergie, d’infrastructures et de hautes technologies. « Notre ambition est claire : bâtir un partenariat plus structuré, plus concret et davantage tourné vers des résultats au bénéfice de nos deux peuples, a développé le président congolais. Avec le président Herzog, nous avons également échangé sur les principales questions internationales et régionales, ainsi que sur les défis de paix et de sécurité auxquels nos pays sont confrontés. »
Félix Tshisekedi a par ailleurs indiqué que les situations sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC avaient été abordées au cours de sa visite. « J’ai réaffirmé l’attachement indéfectible de mon pays à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, conformément à la Charte des Nations unies et au droit international », a continué le président congolais. Sur le Moyen-Orient, Félix Tshisekedi a réaffirmé son attachement à la sécurité d’Israël, tout en appelant à protéger les civils, à respecter le droit international et à maintenir la voie du dialogue.RDC-Israël: un rapprochement sécuritaire sur fond de tensions avec le RwandaAu-delà des secteurs de coopération officiellement évoqués lors de la visite de Félix Tshisekedi à Jérusalem, la relation avec Israël comporte déjà un volet sécuritaire. Depuis 2024, des prestataires israéliens ont participé à la protection du président congolais et à la formation de certains membres de la Garde républicaine. Selon plusieurs sources concordantes, des conseillers israéliens ont également formé deux bataillons congolais de forces spéciales.La défense, la sécurité et les hautes technologies ont figuré parmi les domaines de coopération cités à Jérusalem, mais aucun contrat précis n’a été annoncé.Cette relation comporte aussi un enjeu diplomatique dans le contexte des tensions entre la RDC et le Rwanda. Israël soutient la médiation américaine entre Kinshasa et Kigali, et la mise en œuvre de l’accord de Washington a été évoquée avec la délégation congolaise. Dans le même temps, Israël entretient une coopération militaire avec le Rwanda : en mars dernier, l’ambassadrice israélienne à Kigali a rencontré le ministre rwandais de la Défense et le chef d’état-major afin d’examiner les moyens de la renforcer. Des équipements militaires de fabrication israélienne sont également signalés dans l’arsenal rwandais.Kinshasa ouvre ainsi un canal supplémentaire pour diversifier ses partenariats sécuritaires et mieux faire entendre sa position sur le conflit avec le Rwanda, résume un diplomate.

