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MONDIAL 2026-LES CHOIX DE PAPE THIAW EN QUESTION: Les jeunes loups n’ont pas pris le relais

Face à la Belgique, Pape Thiaw avait choisi de s’appuyer sur l’expérience pour tenter de décrocher une qualification historique en huitièmes de finale. Un pari qui a longtemps semblé gagnant avant de s’effondrer dans les derniers instants de la rencontre. Mais au-delà de la cruelle défaite (3-2 après prolongation), les choix du sélectionneur et l’apport limité de ses jeunes joueurs alimenteront inévitablement les débats.

Le technicien sénégalais avait privilégié un onze expérimenté composé de cadres comme Sadio Mané, Gana Gueye, Krépin Diatta, Ismaël Sarr et Pape Gueye, entre autres, avec des moins jeunes comme Pathé Ciss, Habib Diarra et Ismaël Jakobs au coup d’envoi. Un choix compréhensible au regard de l’enjeu, mais qui traduisait aussi sa volonté de miser sur des joueurs plus aguerris pour gérer les temps forts d’un match couperet.
Mais alors que le Sénégal tenait le bon bout, du fait de la fatigue des uns et des autres, Pape Thiaw a finalement lancé ses jeunes cartouches pour tenter de préserver l’avance et redonner de l’énergie à son équipe. Mais ni Pape Matar Sarr, ni Lamine Camara, encore moins Ibrahima Mbaye n’ont réussi à inverser la dynamique d’un match qui échappait peu à peu au contrôle des Lions.
Attendu pour apporter sa qualité technique et sa capacité à conserver le ballon, Pape Matar Sarr n’a jamais véritablement pris le contrôle du milieu. Lamine Camara, lui, n’a pas eu l’influence espérée dans les transitions et a vécu une fin de match douloureuse avec le penalty concédé après intervention de la VAR dans les dernières secondes de la prolongation, offrant à la Belgique le but de la qualification.
Quant à Ibrahima Mbaye, dont la vitesse et l’insouciance pouvaient constituer une arme dans les espaces laissés par les Belges, il n’a jamais réussi à peser offensivement. Peu trouvé, souvent isolé, le jeune attaquant n’a pas eu l’impact qu’il avait laissé entrevoir lors de ses précédentes apparitions.
Cette rencontre rappelle que le talent ne suffit pas toujours dans les grands rendez-vous. Les jeunes internationaux sénégalais possèdent un potentiel immense, mais un match à élimination directe face à une nation rompue aux joutes internationales comme la Belgique exige également une maîtrise émotionnelle et une efficacité que seule l’expérience permet souvent d’acquérir.
Pour Pape Thiaw, le constat est double. Son plan de jeu a longtemps mis la Belgique en difficulté, au point de mener 2-0 à moins de quarante minutes du terme. Mais son équipe n’a pas trouvé les ressources pour conserver cet avantage, et les changements n’ont pas permis de renverser la tendance lorsque les Diables rouges ont accéléré.
Le sélectionneur devra désormais tirer les enseignements de cette campagne mondiale. L’émergence de cette nouvelle génération demeure une promesse pour l’avenir, mais ce seizième de finale a montré qu’entre le potentiel et la capacité à faire basculer les grands matchs, il reste encore une étape à franchir pour les Lions et leur coach.

Harouna DEME