Société

Approvisionnement du marché en poulets locaux: l’Interprofession avicole rassure les consommateurs

En prélude aux fêtes de Korité et de Pâques, l’Interprofession avicole du Sénégal (Inas) a tenu, mardi 17 mars, un point de presse au cours duquel elle a confirmé la disponibilité suffisante de poulets locaux sur le marché.

RUFISQUE– Lors d’une rencontre avec les médias, organisée le 17 mars 2026, au siège de référence aux métiers avicoles de Diamniadio, l’Inas a tenu à garantir aux populations que le poulet local est présent en quantité suffisante sur l’ensemble du territoire national. « Grâce aux investissements colossaux des acteurs nationaux – accouveurs, provendiers, producteurs et éleveurs – la production est dimensionnée pour répondre à la forte demande de la Korité et de Pâques avec des produits frais, sains et de qualité supérieure », a déclaré El Hadji Mamadou Diouf, président de l’organisation. Toutefois, les membres de l’Interprofession ont dénoncé l’impact négatif d’une concurrence déloyale, pointant du doigt un manque à gagner économique important et de réels dangers sanitaires.

Ils ont révélé que près de 30.000 tonnes de surplus, soit l’équivalent de 20 millions de poulets, inondent, de manière irrégulière, le marché en raison de flux de réexportation massifs hors de la sous-région. M. Diouf a souligné qu’en 2023, les statistiques d’importation dans la zone s’élevaient à près de 45.479 tonnes. Rapporté à la population, ce volume correspond à une consommation théorique de 17 kg de viande blanche par personne, contre 5 kg selon les chiffres officiels. « Cette fraude engendre un manque à gagner de 124 milliards de FCfa pour notre économie, incluant une perte de chiffre d’affaires de 97 milliards pour les industriels, la menace ou la suppression de 60.000 emplois directs et 4,8 milliards qui échappent au Trésor public », a-t-il déploré.

Outre l’aspect financier, les risques sanitaires liés à ces produits frauduleux sont examinés à la loupe. D’après l’Inas, la santé des familles est sacrifiée par des réseaux mafieux en quête de profits faciles. Qualifiant ces marchandises de « poulets morgues », El Hadji Mamadou Diouf a évoqué un processus sanitaire hors de contrôle. Selon lui, ces volailles subissent des cycles de congélation et de décongélation non maîtrisés, favorisant la prolifération bactérienne, sans compter l’absence totale de traçabilité. « Ces importations ne garantissent ni la date de production ni le respect des normes vétérinaires nationales et internationales », a-t-il ajouté. Le président de l’Inas a conclu en saluant les efforts conjugués des services des Douanes et du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. Il a également prévenu que l’Interprofession se constituera désormais partie civile contre tout fraudeur ou revendeur.