Société

DANS LES COULISSES DU RAMADAN: Le quotidien éprouvant d’un éboueur

À 8 heures précises, le klaxon du camion à ordures retentit dans le quartier, signal familier pour les ménages. Mais pour les agents de nettoiement, la journée est déjà bien entamée. Avant même d’arriver sur ce point de collecte, ils ont sillonné plusieurs rues, ramassant, chargeant, triant… inlassablement.

En ce mois de Ramadan, leur tâche devient encore plus éprouvante. Sous le poids de la fatigue, de la faim et parfois du manque de sommeil, ces travailleurs de l’ombre continuent pourtant d’assurer leur mission avec rigueur. Tenir le rythme exige une discipline de fer, mais surtout une grande abnégation. Car, malgré les difficultés, ils respectent leurs engagements et répondent présents, jour après jour.
Parmi eux, Ibou Lo. De taille modeste, vêtu de son uniforme vert, il s’active autour du camion. D’un geste rapide et précis, il récupère les poubelles, les paniers, les sachets et les seaux remplis d’ordures, qu’il vide méthodiquement dans la benne. Le visage marqué par l’effort, il prend tout de même quelques instants pour se confier.
« Je commence à 5 heures du matin et je termine vers 12 ou 13 heures. Le Ramadan ne change rien à mon travail. J’ai l’habitude de jeûner tout en travaillant. Avec l’expérience, on apprend à gérer », explique-t-il, sans interrompre son geste, tout en triant certains objets récupérables destinés à la revente.
Autour de lui, les odeurs sont fortes, parfois suffocantes. Mais pour Ibou Lo, c’est une réalité à laquelle il s’est adapté. « L’odeur ne me dérange pas. Ça fait partie de notre quotidien. Je me suis habitué. Et cela n’affecte pas mon jeûne », confie-t-il avec simplicité.
Dans l’indifférence générale, ces hommes poursuivent leur labeur, contribuant chaque jour à la salubrité de la ville. En ce mois de partage et de solidarité, leur engagement silencieux rappelle que certains métiers, bien que peu visibles, sont essentiels, et profondément humains.

Aissatou Mbène COULIBALY