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KORITÉ -LES LÉGUMES S’ENFLAMMENT AU MARCHÉ: Poivrons, concombres et piments deviennent presque inaccessibles

À quelques jours de la célébration de la Korité, l’effervescence est bien visible dans les marchés dakarois. Au marché Dior des Parcelles Assainies, les étals débordent de légumes et de condiments. Mais derrière cette abondance apparente, les prix, eux, donnent le vertige.

Poivrons, concombres et gros piments, qu’ils soient verts, jaunes ou rouges, ont vu leurs coûts grimper en flèche, rendant certains produits quasiment « intouchables » pour de nombreux ménages. Seul l’oignon vert semble résister à cette flambée, son prix restant stable. Dans les allées du marché Dior des Parcelles Assainies, les clients hésitent, calculent, renoncent parfois. Car, pour beaucoup de familles, remplir le panier de la ménagère devient un véritable casse-tête à l’approche de la fête.

Des prix qui doublent à l’approche des fêtes
Gora Ngom, vendeur de légumes et éplucheur d’oignons, observe la scène avec lucidité. Installé au marché Dior, il s’approvisionne au marché de Gueule Tapée, non loin de l’unité 22. « À chaque fête, c’est la même chose. Les prix augmentent automatiquement », explique-t-il.
Aujourd’hui, le kilogramme de poivron est passé de 700 à 1300 francs CFA. Le concombre suit la même tendance, grimpant de 500 à 800 francs CFA. En revanche, l’oignon vert reste stable à 500 francs CFA, sans variation.

Des commerçants eux-mêmes sous pression
Derrière leurs étals, les vendeurs ne cachent pas leur inquiétude. Saly Dioum, commerçante, affiche un visage fatigué mais résigné. « Le poivron était à 700 francs, aujourd’hui il est à 1300. Et à la veille de la Korité, ça peut encore augmenter », prévient-elle.
Elle souligne également la différence entre les produits locaux et importés. « Le concombre local est moins cher, mais il pourrit vite. L’importé tient plus longtemps, mais il coûte plus cher », explique-t-elle.
Quant aux piments, ils atteignent des sommets : jusqu’à 3000 francs CFA le kilogramme. « Franchement, ils sont devenus intouchables », lâche-t-elle.

Des ménages entre inquiétude et résignation
Dans un contexte économique déjà difficile, la coïncidence de la Korité avec une période du mois de mars jugée « creuse » n’arrange rien. Les ménages redoutent des dépenses encore plus lourdes.
Assise à l’entrée du marché, Maguette Sow, vendeuse, vient de presque écouler toute sa marchandise. Elle témoigne. « Pendant les fêtes, les prix passent toujours du simple au double. Hier, j’ai acheté les piments à 3000 francs. Le concombre local est passé de 250 à 700 francs, et l’importé de 500 à 900 francs. Le poivron aussi a explosé », énumère-t-elle.
Malgré ces hausses, la demande reste forte, poussée par les exigences de la fête.

Une hausse appelée à se poursuivre
Pour les vendeurs, la tendance est claire : les prix ne sont pas près de baisser. « Nos fournisseurs augmentent leurs tarifs, donc nous sommes obligés de suivre. Et à chaque événement, c’est la même situation », confie Saly Dioum.
À quelques jours ou heures de la Korité, une certitude s’impose : si les marchés sont bien approvisionnés, les prix, eux, risquent de continuer à grimper, mettant à rude épreuve le budget des ménages.

Aïssatou Mbène COULIBALY