A.Ndiaye: « Les embouteillages mettent nos nerfs à rude épreuve »
A. Ndiaye, 27 ans, est employé dans une entreprise de la place. Il vit chaque fin de journée du Ramadan comme une course contre la montre. Croisé à bord d’un bus Tata en partance pour Mbao, il a partagé son vecu dans les bouchons à l’heure de la descente en cette période de Ramadan. Récit.
« Je commence le travail à 8 heures. Toute la journée, je tiens grâce à la motivation et à la foi. Mais à partir de 15 heures, on commence à sentir la fatigue. La concentration baisse, la gorge devient sèche, surtout avec cette chaleur. On pense déjà à la rupture », dit A. Ndiaye.
Pour éviter les bouchons, il quitte souvent son bureau plus tôt. Mais cela ne suffit pas. « Même en partant à 16 heures, je peux rester coincé jusqu’à 18h30 dans un bus plein. On est debout, compressés, parfois sans pouvoir bouger les bras. L’air manque. Il fait chaud. Certains sont irrités, d’autres parlent fort. Le bruit des klaxons fatigue encore plus », confie le jeune homme.
Selon lui, l’embouteillage amplifie les effets du jeûne.« Quand on n’a pas mangé ni bu depuis l’aube, le corps est plus sensible. On peut avoir des maux de tête, des vertiges. Rester longtemps dans ces conditions, ça épuise mentalement. Le moindre geste paraît agressif. Un simple contact peut provoquer une dispute. Et forcément, les embouteillages à n’en plus finir qui nous coincent pendant des heures sur la route mettent nos nerfs à rude épreuve », souligne-t-il.
Il confie que le plus difficile est de rater parfois la rupture en famille. « Ce qui fait mal, ce n’est pas seulement la fatigue. C’est quand l’heure du ‘nodgou’ retentit alors qu’on est encore bloqué sur la route. On voit des gens rompre avec une datte ou une bouteille d’eau dans le bus. Ce n’est pas la même chose que d’être à la maison, autour de la table, dans le calme », explique A. Ndiaye.
Malgré tout, il tente de relativiser. « Le Ramadan nous apprend la patience. Mais ces embouteillages ajoutent un stress inutile. On devrait pouvoir vivre ce mois dans plus de sérénité », termine-t-il.
Lamine DIEDHIOU& Adama AIDARA

