CAN 2025- IMPRESSIONNANT DE MAITRISE: Le Sénégal incarne l’assurance des grands
Ni fracas ni emballement. Le Sénégal avance dans cette CAN 2025 avec la sérénité des grandes équipes, celles qui savent quand accélérer et quand temporiser. Troisième demi-finale sur les quatre dernières éditions, les Lions ne surprennent plus. Ils s’imposent par leur constance, leur maturité et un pragmatisme assumé. Mercredi face à l’Égypte, ils joueront bien plus qu’un billet pour la finale : la confirmation de leur statut.
TANGER, Maroc – Longtemps catalogué comme un outsider redoutable mais imprévisible, le Sénégal a changé de costume. Depuis plusieurs années déjà, et plus encore dans cette CAN 2025, les Lions dégagent cette impression rare de maîtrise totale de leur destin. Une équipe qui ne panique plus, ne se disperse plus, et qui sait que le temps joue pour elle. Avec 11 buts inscrits (plus haut total de son histoire en CAN) pour seulement 2 encaissés en cinq matches, le bilan chiffré traduit une réalité plus profonde.
Deuxième meilleure attaque et défense de la compétition, le Sénégal n’a plus besoin de dominer outrageusement pour gagner.Cette évolution n’a pas échappé aux observateurs avertis. Sur Canal+, Aurélien Chedjou, ancien international camerounais, n’a pas caché son admiration. « Cette équipe du Sénégal reste mon favori de la compétition. J’ai l’impression qu’à chaque fois qu’elle accélère, il se passe quelque chose. On l’a vu contre le Mali. C’est une équipe assez complète et on voit que quand les remplaçants rentrent, le niveau ne baisse pas », a souligné le consultant. Un constat lucide : le Sénégal frappe moins souvent, mais frappe juste.
Une colonne vertébrale qui stabilise tout l’édifice
Les chiffres de la régularité parlent d’eux-mêmes. Depuis le passage de la CAN à 24 équipes, le Sénégal s’apprête à disputer sa troisième demi-finale en quatre éditions. En cas de succès face à l’Égypte, ce serait même une troisième finale sur les quatre dernières CAN. L’élimination en 8e de finale lors de la dernière CAN constitue la seule anomalie.
Le pays de la Téranga a gagné 4 matchs lors d’une même édition pour la 4e fois de son histoire après 2002 (finaliste avec 4 victoires), 2019 (finaliste avec 5 victoires) et 2021 (vainqueur avec 4 victoires). Une constance qui n’a rien d’un hasard. Elle repose sur un effectif dense, équilibré, et surtout sur une colonne vertébrale parmi les plus solides du continent.Dans les buts, Édouard Mendy continue d’imposer sa loi : 9 clean-sheets en 16 matches de CAN, symbole d’une fiabilité presque clinique. Devant lui, Kalidou Koulibaly (22 matchs de CAN) incarne le patron, le défenseur qui rassure, commande et élève le niveau collectif.
Plus haut, Idrissa Gana Gueye (27 matchs) demeure ce métronome infatigable, capable de gratter, orienter et calmer le jeu dans les moments clés. Et devant, Sadio Mané (10 buts et 9 passes décisives en 27 matchs) reste ce détonateur permanent, moins dans l’accumulation de buts que dans sa capacité à faire basculer une rencontre sur une accélération ou un appel.
Cette génération, consciente que cette CAN ressemble à une dernière danse pour plusieurs cadres, joue avec une intelligence rare. Face au Mali, même en supériorité numérique, les hommes de Pape Thiaw n’ont pas forcé leur talent pour marquer ce deuxième but même s’ils se sont heurtés sur un excellent Djigui Diarra, auteur de 7 arrêts. Le Sénégal a étouffé son adversaire sans jamais se découvrir. Une victoire sans forcer, presque pédagogique, sans trop s’épuiser physiquement. Une équipe qui n’a toujours pas été poussé dans ses retranchements et qui dégage une certaine aura.
Face à l’Égypte, le test de la maturité absolue
Les statistiques renforcent ce sentiment de maturité absolue. 18 clean-sheets lors des 27 derniers matches disputés par le Sénégal en phase finale de CAN. Peu d’équipes africaines peuvent se targuer d’une telle solidité sur la durée. Les Lions savent fermer la boutique, tuer le rythme, puis piquer au moment opportun.Reste désormais l’obstacle égyptien.
Une sélection rompue aux joutes de très haut niveau, experte dans l’art de défendre bas, de hacher le jeu et de punir à la moindre transition. Face aux Pharaons, la domination territoriale ne sera qu’un leurre. Le duel s’annonce mental autant que tactique.Mais dans cette CAN 2025, le Sénégal avance avec un calme qui force le respect. Une force tranquille, devenue une habitude. Et surtout, une référence africaine qui n’a plus rien à prouver.
Mouhamed DIEDHIOU

