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CAN 2025 – ILAY CAMARA OUT, ASSANE DIAO SUR LA CORDE RAIDE, FLOU AUTOUR DE SARR: Le Sénégal rattrapé par les blessures

À cinq jours du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, le Sénégal avance déjà sur un fil. Le forfait d’Ilay Camara, bientôt suivi par celui d’Assane Diao, et l es fortes incertitudes autour de Mamadou Sarr installent un climat d’inquiétude autour des Lions. Pape Thiaw, pragmatique, a dégainé en rappelant Mamadou Lamine Camara, mais est aussi contraint d’agir vite pour préserver l’équilibre de son groupe et éviter que la compétition ne commence avant même le premier match.

La CAN 2025 n’a pas encore livré son premier coup d’envoi que le Sénégal enregistre déjà ses premières pertes. Ilay Camara est officiellement forfait. Touché à l’ischio-jambier droit samedi, lors d’Anderlecht–Saint-Trond (2-1), le latéral droit souffre d’une lésion musculaire de grade II qui le prive de sa première Coupe d’Afrique des Nations. Une blessure symptomatique d’un mal plus profond, partagé par de nombreuses sélections africaines : l’arrivée tardive et souvent fragilisée de joueurs sollicités par le calendrier européen.
Pour le latéral droit Ilay Camara, qui s’apprêtait à vivre sa première grande aventure continentale, le choc est immense. Sur Instagram, le joueur n’a pas caché sa détresse, évoquant un « rêve brisé » mais aussi une fidélité intacte au groupe, promettant de rester « le premier supporter » des Lions. Ses coéquipiers, de Moussa Niakhaté à Edouard Mendy en passant par El Hadji Malick Diouf et Pathé Ciss, lui ont adressé des messages de soutien, rappelant que l’épreuve est collective.

Mamadou Lamine Camara, solution de continuité plus que pari
Un Camara en remplace un autre. Face à l’urgence, Pape Thiaw a décidé d’activer l’option Mamadou Lamine Camara. Initialement réserviste, le milieu de terrain de la RS Berkane intègre officiellement le groupe. Un choix rationnel plus que spectaculaire, dans la droite ligne d’un sélectionneur qui privilégie l’équilibre et la fiabilité. Régulier au Maroc, rompu aux joutes africaines, Mamadou Lamine Camara arrive avec l’étiquette d’un joueur capable de s’adapter vite, à défaut de bouleverser la hiérarchie.
Mais l’alerte la plus sérieuse concerne désormais Assane Diao. L’attaquant de Como souffrirait, selon Wiwsport, d’une blessure musculaire de grade II aux ischio-jambiers, synonyme d’une indisponibilité de six à huit semaines. Une durée incompatible avec la compétition. Là encore, le timing interpelle. Diao, comme beaucoup d’autres, a été sollicité jusqu’au bout par son club, dans un calendrier européen saturé, avant de rejoindre une sélection sommée d’être performante immédiatement.
Le cas Diao est d’autant plus cruel qu’il porte une forte charge symbolique. En mars 2025, le joueur avait fait le choix du Sénégal, repoussant l’Espagne pour embrasser un projet sportif et identitaire. Il avait tout fait pour être présent à cette CAN, quitte à forcer son corps. Ni son historique de blessures, ni même son entraineur réticent, Cesc Fabregas, n’auront suffi à l’éloigner de ce rêve africain. Comme Ilay Camara, il en est aujourd’hui privé par un destin souvent accéléré par les exigences européennes.

L’ombre de l’infirmerie plane déjà sur les Lions
L’inquiétude plane aussi sur Mamadou Sarr. Sorti à la mi-temps dimanche et aperçu quittant la Meinau à l’aide de béquilles, le défenseur souffre de la cheville. La FSF n’a pas communiqué, mais les premiers échos sont inquiétants. Silence médical, tension maximale.
Cette succession de pépins pose une nouvelle fois la question de la libération tardive des joueurs africains, souvent autorisés à rejoindre leurs sélections à la limite réglementaire, parfois diminués. Le Sénégal n’échappe pas à cette logique asymétrique, où la CAN reste une variable d’ajustement pour certains clubs.
Pape Thiaw anticipe. Après Diao, un ailier pourrait être appelé. Même si Diao pourrait être contraint de faire le déplacement pour faire constater sa blessure. Ousseynou Niang ((Union Saint-Gilloise) tient la corde, même si Ousmane Sow (Gornik Zabrze) pourrait être la surprise. À moins qu’il ne décide de renforcer sa ligne défensive avec Mamadou Moustapha Mbow (Paris FC) ou l’entrejeu avec Rassoul Ndiaye (Havre AC).
Avant même d’entrer dans la compétition, le Sénégal est testé. Non sur ses principes de jeu, mais sur sa capacité à encaisser les coups et à rester debout quand le sort s’acharne. Une CAN se gagne parfois avant le premier match. Les Lions, eux, doivent faire face à un premier adversaire invisible et imprévisible.

Mouhamed DIEDHIOU