FESTIVAL DU FILM DOCUMENTAIRE- « StLouis’ Docs 17 » : une ouverture vibrante à l’Institut français de Saint-Louis
La ville de Saint-Louis vibre au rythme de la 17e édition du festival international du film documentaire « StLouis’ Docs », dont la cérémonie d’ouverture s’est tenue dans une ambiance chaleureuse et engagée à l’Institut français. Entre discours inspirants, rencontres et projection inaugurale, ce rendez-vous culturel majeur confirme son ancrage dans le paysage cinématographique africain.
SAINT-LOUIS (Envoyée spéciale) – Dès les premières heures de la soirée, le hall de l’Institut français de Saint-Louis s’est animé, accueillant cinéastes, professionnels du secteur, passionnés de documentaires et curieux venus célébrer le cinéma du réel. Aménagé pour l’occasion, l’espace offrait un cadre convivial et élégant, avec un écran géant installé en plein air. Malgré la fraîcheur du vent, le public a répondu massivement à l’appel, témoignant de l’importance croissante de ce festival inscrit dans l’agenda culturel du Sénégal.
Les échanges nourris entre invités traduisaient l’effervescence de cet événement devenu incontournable. Les discours officiels ont rappelé le rôle essentiel du film documentaire dans la compréhension des sociétés contemporaines et dans la valorisation des récits africains. Les organisateurs ont également réaffirmé leur engagement à soutenir les talents émergents et à favoriser les rencontres entre créateurs et publics.
Le directeur artistique du festival, Dominique Olier, s’est réjoui de l’engouement suscité par cette édition : plus de 300 films ont été reçus par le comité de sélection, un record. « C’est un bonheur de partager avec vous ces 44 films venus de 22 pays, de l’Afrique jusqu’à Haïti, la Guadeloupe ou encore la Martinique », a-t-il déclaré, annonçant également une série de cafés-rencontres dans différents quartiers de la ville.
De son côté, le coordonnateur du festival, Souleymane Kébé, a mis en avant la dimension professionnelle de l’événement. Il a notamment évoqué le forum de production qui accueille des auteurs venus d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, ainsi que du Burundi, en résidence d’écriture avec des encadreurs tels que Rosine Bakam et Sellou Diallo. « L’idée, au-delà de la projection de films, est de contribuer au développement de projets et à l’émergence de nouveaux talents », a-t-il souligné.
Présent à la cérémonie, le représentant de la Direction de la cinématographie, M. Mané, a brièvement salué l’initiative. « Nous sommes heureux d’accompagner ce beau festival. Bon festival et que le meilleur gagne », a-t-il lancé, donnant ainsi le coup d’envoi officiel de quatre jours de projections, de débats et de rencontres.
« Les Voyageurs », un film d’ouverture poignant
La soirée inaugurale s’est poursuivie avec la projection du film « Les Voyageurs » du réalisateur camerounais David Bingong. Cette coproduction Cameroun-Espagne (2025), d’une durée de 61 minutes, suit le parcours de migrants à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, mettant en lumière leur résilience et leur espoir.
Le film a profondément marqué le public, suscitant des réactions empreintes d’émotion. « C’est un film qui nous prend aux tripes, on se reconnaît dans ces parcours, même s’ils sont différents des nôtres », confie une spectatrice encore émue.
D’autres ont salué la qualité esthétique de l’œuvre, notamment sa photographie immersive et son approche caméra à l’épaule, qui restitue avec intensité les difficultés et les tensions vécues par les protagonistes. « Ce qui m’a surtout touché, c’est la manière dont le réalisateur donne la parole à ses personnages, sans les juger », témoigne un jeune cinéphile.
Au-delà de l’émotion, plusieurs spectateurs ont souligné la portée sociale du documentaire. « Ce genre de film est essentiel : il nous pousse à regarder le monde autrement et à questionner nos certitudes », estime un enseignant-chercheur présent lors de la projection.
Si certains regrettent l’absence du réalisateur lors de cette première projection, l’ensemble du public s’accorde à reconnaître l’impact du film. « On en ressort avec beaucoup de questions, mais aussi une forme d’espoir », résume une participante.
Avec cette ouverture réussie, la 17e édition de « StLouis’ Docs » s’annonce riche en découvertes, en échanges et en émotions, confirmant la vitalité du cinéma documentaire et son rôle central dans la narration des réalités contemporaines africaines et diasporiques.
Adama AIDARA

