Société

Phosphates du Bossea: Les populations demandent la libération des jeunes arrêtés par la gendarmerie

Comme le rappelle un adage bien connu du monde éducatif, « la répétition est pédagogique ». C’est dans cet esprit que le Collectif pour la Défense Intérêts du Bossea (CDIB) présidé par Samba Oumar KA prend une nouvelle fois la parole afin d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la situation préoccupante qui prévaut actuellement dans le Bossea.
Il s’agit de la question minière et, plus particulièrement, du projet d’exploitation des phosphates du Bossea, communément appelé « la petite mine d’Agnam Thiodaye ».
Le mercredi 10 juin 2026 restera gravé dans la mémoire collective de notre terroir. Ce jour-là des hommes, des femmes, des personnes âgées ainsi qu’une forte mobilisation de la jeunesse se sont rendus à la brigade de gendarmerie des Agnams afin d’exprimer leur solidarité envers leurs enfants, frères, neveux et petits-fils interpellés dans le cadre de cette affaire.
Malgré une chaleur accablante, les populations sont demeurées mobilisées jusqu’ la tombée de la nuit, dans l’attente d’être édifiées sur le sort réservé à ces jeunes dont le seul combat consiste à défendre leur dignité leurs terres, leur santé et l’avenir de leurs communautés.
Pourquoi une telle mobilisation ?
Parce qu’il existe, dans toute société, des situations qui blessent profondément les populations lorsqu’elles ont le sentiment que leurs préoccupations légitimes ne sont ni entendues ni respectées.
Le Collectif condamne toute forme de violence et regrette les actes commis contre certains équipements de la société Amafrique. Toutefois, nous estimons que cette situation aurait pu être évitée si les responsables de cette société et leurs partenaires avaient privilégié la concertation plutôt que la démonstration de force.
Le recours aux forces de sécurité pour sécuriser un site dont l’exploitation demeure fortement contestée par les populations locales, alors même qu’aucun consensus n’a été obtenu, a malheureusement contribué à installer un climat de tension dans l’ensemble de l’arrondissement.
Nous considérons également que le silence observé par certaines autorités face aux inquiétudes exprimées par les populations a favorisé l’escalade actuelle et renforcé le sentiment d’incompréhension au sein des communautés concernées.
Nous tenons à rappeler un principe fondamental : aucun projet de développement ne peut prospérer durablement sans l’adhésion des populations qui vivent sur les terres concernées. Le dialogue, l’écoute, la transparence et le respect des communautés doivent toujours prévaloir sur toute autre considération.
Pour mémoire, cette question remonte à plusieurs années. Sous le précédent régime, face au refus massif et catégorique des populations du Bossea, les autorités avaient renoncé à poursuivre ce projet. Aujourd’hui encore, cette opposition demeure intacte et les préoccupations exprimées restent les mêmes.
C’est pourquoi nous lan ons un appel solennel au mandataire d’Amafrique, aux autorités administratives, ainsi que l’État du SÉNÉGAL, afin qu’ils prennent pleinement la mesure des conséquences sociales, environnementales, sanitaires et humaines qu’une poursuite de ce projet sans adhésion préalable des populations pourrait engendrer.
Le Bossea est une terre profondément attachée à sa dignité, son histoire et son patrimoine. Des résistances héroïques face aux conquêtes coloniales aux nombreux combats menés pour la préservation de ses terres et de son identité, ses populations ont toujours démontré leur attachement la justice, la liberté et la défense de leurs intérêts légitimes. Les épisodes historiques de Agnam Thiodaye, d’Oréfondé et de plusieurs autres localités de notre terroir demeurent aujourd’hui encore des références et des sources d’inspiration pour les générations actuelles.
En conséquence, nous réaffirmons notre engagement en faveur d’une mobilisation citoyenne, pacifique, responsable et conforme aux lois de la République pour la protection de nos terres, de notre environnement, de notre santé et de l’avenir de nos enfants.
Le Collectif pour la Défense des Intérêts du Bossea demeure ouvert au dialogue et toute démarche de concertation sincère, mais reste fermement attaché au respect de la volonté souveraine des populations concernées.