Politique

FMI, DETTE PUBLIQUE: Le FRAPP saisit le Premier ministre et le président de l’Assemblée

À l’occasion de la mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a adressé des correspondances au Premier ministre ainsi qu’au Président de l’Assemblée nationale afin d’attirer leur attention sur la question de la dette publique. L’organisation appelle les nouvelles autorités à privilégier les intérêts du peuple sénégalais face aux exigences des créanciers internationaux.

Dans un communiqué, le FRAPP estime que les institutions financières internationales et les créanciers ne placent pas le bien-être des populations au cœur de leurs préoccupations. Selon le mouvement, leur priorité demeure la préservation de leurs intérêts financiers, parfois au détriment des couches les plus vulnérables. Pour le FRAPP, la situation actuelle doit constituer une opportunité de rompre avec les politiques économiques qualifiées de néolibérales et de bâtir un modèle fondé sur la souveraineté populaire, la justice sociale et la défense des intérêts nationaux.
Dans sa lettre adressée au Premier ministre, l’organisation demande des éclaircissements sur la nouvelle doctrine de l’État en matière de gestion de la dette publique. Elle s’interroge notamment sur le sort réservé aux dettes relevées par la Cour des comptes, l’attitude du gouvernement vis-à-vis des créanciers, ainsi que sur la possibilité d’un recours à des politiques d’austérité qui feraient supporter le poids de la crise aux populations. Le FRAPP souhaite également connaître la place que le FMI occupera dans les orientations économiques et financières du Sénégal.
L’organisation a par ailleurs réitéré sa demande de mise en place d’un Comité d’audit citoyen de la dette. Ce cadre devrait, selon elle, regrouper les institutions compétentes de l’État, les organes de contrôle, les représentants de l’Assemblée nationale, les organisations citoyennes ainsi que des experts indépendants issus des domaines de l’économie, du droit et de la fiscalité.
Dans la correspondance adressée au Président de l’Assemblée nationale, le FRAPP propose la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la dette publique. « Cette commission devrait faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles cette dette a été contractée, gérée et utilisée. Elle devrait également permettre d’identifier les responsabilités politiques, administratives et techniques liées aux engagements pris au nom du peuple sénégalais », souligne le mouvement.

Lamine DIEDHIOU