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FOOT : 12 MATCHS, 1 BUT CETTE SAISON: Boulaye Dia, le spleen romain

En panne d’inspiration et d’efficacité, Boulaye Dia traverse l’une des périodes les plus creuses de sa carrière. Un seul but en douze matchs cette saison, une confiance qui s’érode, une place menacée chez les Lions. L’attaquant sénégalais aborde l’hiver avec plus de doutes que de certitudes, à quelques semaines d’une CAN déjà sous tension pour lui.La Lazio attendait la confirmation. Boulaye Dia, lui, cherche encore l’étincelle.

Un an après une première saison plutôt convaincante (12 buts et 4 passes décisives en 48 matchs), l’attaquant sénégalais traverse une zone d’ombre qui s’étire au fil des semaines. Loin du but, loin de son influence, il traîne un spleen dont le compteur famélique, 1 seul but en 12 matchs, 743 minutes de jeu, et rien depuis le 31 août dit beaucoup. Trop, sans doute, à moins d’un mois d’une CAN où les certitudes comptent autant que les états de forme.

À Rome, l’ancien Rémois avance pourtant sans remous apparents. Maurizio Sarri continue de le protéger, comme un technicien persuadé qu’une panne reste une panne, pas une fatalité. Dimanche encore, le coach italien s’est montré rassurant.

« Même quand ses performances n’étaient pas exceptionnelles, il n’était pas un problème pour l’équipe. Ce soir, il a mieux protégé le ballon, mieux servi les ailiers. Je suis désolé qu’il n’ait pas marqué, mais j’ai vu un joueur qui progresse et je l’apprécie. », a indiqué le technicien italien, le week-end dernier.

Un discours mesuré, presque paternel, qui masque mal une réalité chiffrée. Dia ne pèse plus.Le malaise dépasse d’ailleurs le cadre romain. En sélection, l’avant-centre n’est plus vraiment le premier choix. Nicolas Jackson, désormais installé dans une dynamique ascendante, lui a ravi la priorité dans l’esprit de Pape Thiaw.

Lors de la dernière trêve internationale, Dia avait débuté sur le banc face au Brésil, avant de se contenter d’une mi-temps dans la balade contre le Kenya. Sous le nouveau sélectionneur, il ne compte que 4 titularisations en 8 convocations, une ligne de temps morcelée par des pépins physiques qui lui ont déjà fait manquer deux regroupements.Le constat est abrupt.

À près de trois semaines de la CAN, Boulaye (6 buts et une passe décisive en 36 sélections) n’a pas beaucoup de garanties. Son vécu, sa capacité à marquer dans les moments-clés et son profil d’attaquant axial complet plaident pour lui. Mais la concurrence a les crocs. Cherif Ndiaye, en pleine bourre en Turquie, et Habib Diallo, valeur sûre qui renait à Metz, ne lui laisseront aucun répit.

L’un des trois pourrait rester à quai, et dans l’état actuel des choses, Dia n’est à l’abri de rien.A Rome comme avec l’équipe nationale du Sénégal, même combat pour Boulaye Dia. Retrouver de la confiance, reprendre le fil, réapprendre à peser.

Boulaye Dia n’a pas perdu son football. Mais il a perdu du temps, du rythme et un peu de certitudes. Et la Lazio, comme les Lions, pourraient ne plus avoir le luxe d’attendre trop longtemps.

Mouhamed DIEDHIOU