BARTHÉLÉMY DIAS DÉMONTE LA « BAISSE ILLUSOIRE » DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ: « Une annonce politique désespérée »
Le leader du mouvement Sénégal Bi Bu Bokk, Barthélémy Dias, a vertement critiqué l’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko sur la baisse du prix de l’électricité, la qualifiant d’« insensée » et d’« illusoire ».
« Cette annonce semble tout sauf sincère. Elle ressemble davantage à un réflexe politique désespéré qu’à une mesure économique préparée », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse, hier. Selon l’ancien maire de Dakar, la baisse annoncée ne repose sur aucune base technique ni budgétaire solide. Il estime qu’une telle décision ne peut être crédible dans le contexte actuel de « désordre budgétaire inquiétant et de promesses économiques non tenues ».
« Oui, une baisse du prix de l’électricité aurait dû être une bonne nouvelle, mais encore faudrait-il qu’elle soit réelle, faisable et sincère », a insisté Barthélémy Dias. Il a également fustigé le système Woyofal, qu’il a qualifié de « torture nationale », dénonçant les coupures et la précarité énergétique que subissent de nombreux ménages.Pour l’opposant, le Sénégal vit une incohérence économique flagrante. « Les tarifs du carburant et de l’électricité demeurent parmi les plus élevés de la zone UEMOA. C’est une aberration pour un pays producteur de gaz », a-t-il fait remarquer, invitant le gouvernement à accélérer l’installation des oléoducs pour permettre une réelle baisse des prix, plutôt que de procéder à des annonces « sans rationalité ».
« Pendant que le gouvernement annonce des baisses fictives, les Sénégalais vivent les hausses des prix, des taxes et des frustrations », a-t-il ajouté, dénonçant aussi les nouvelles mesures fiscales prévues dès 2026, qu’il estime « déjà lourdes pour les ménages ». Selon lui, les budgets de fonctionnement de l’État et les coûts des services essentiels ont bondi de près de 10%, conséquence directe de « renégociations mal inspirées ».
« Des familles épuisées, des retraités asphyxiés, des jeunes sans emploi… Le peuple éteint les lumières pour économiser pendant que le pouvoir éclaire ses illusions », a-t-il ironisé.Abordant le dossier des « Dettes cachées », l’ex-bras droit de Khalifa Sall a interpellé les autorités : « On nous parle de dettes cachées, mais qu’en est-il des rapports cachés ? ».
Il a réclamé la publication intégrale des rapports de l’Inspection générale des finances (IGF), de la Cour des comptes et du cabinet Forvis Mazars sur cette affaire.
Mamadou L. CAMARA

