ActualitéSociété

CONCERTATIONSYNDICATS – GOUVERNEMENT – PATRONAT: ALLOCUTION DE MONSIEUR BAIDY AGNE, PRESIDENTCONSEIL NATIONAL DU PATRONAT DU SENEGAL

  • Monsieur le Premier Ministre,
  • Monsieur le Ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions,
  • Mesdames et Messieurs les Ministres,
  • Messieurs les Secrétaires d’Etat,
  • Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue Social,
  • Monsieur le Président de la CNES,
  • Messieurs les Présidents des Organisations du Secteur Privé,
  • Chers Partenaires Secrétaires Généraux des Centrales Syndicales des Travailleurs,
  • Mesdames et Messieurs les Chefs d’entreprise,
  • Chers invités,

Monsieur le Premier Ministre,

  • L’espace du dialogue social tripartite,
  • L’espace du travail décent et productif,
  • L’espace d’une citoyenneté active à l’écoute des partenaires sociaux signataires des conventions collectives nationales et sectorielles ;

Cet espace-là Monsieur le Premier Ministre, l’Entreprise s’en réjouit et s’honore de votre présence, témoignant ainsi toute l’importance que vous accordez :

  • D’une part, à la démocratie sociale tripartite que nous voulons toujours plus vivante ;
  • D’autre part, à la cohésion sociale, ce puissant levier de croissance économique inclusive, que nous voulons plus forte ;
  • Et enfin, à l’approche objective des droits fondamentaux au travail et à l’investissement privé, bâtie autour d’un climat de confiance Etat/Employeurs/Travailleurs.

Ainsi, je dirais que notre devoir, notre responsabilité d’employeur, celui de l’Entreprise, est de toujours envisager l’avenir de notre société avec confiance et sérénité.

Oui, cette confiance et cette sérénité pour un Sénégal souverain, juste et prospère… Cette confiance et cette sérénité pour l’atteinte des objectifs de l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050, l’Entreprise les a.

Monsieur le Ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions,

Je tiens à souligner toute l’importance que vous accordez à la qualité de notre dialogue social tripartite dès votre nomination.

Être à l’écoute des partenaires sociaux… C’est important et nous devons le dire… La bonne gouvernance ainsi que les grandes réformes sociales notamment celles portant sur le Code du Travail et les conventions collectives sectorielles, nous les partageons en prenant en compte les préoccupations de chaque partie-prenante…

En effet, nous avons ensemble cette ambition tripartite d’améliorer le « Mieux-vivre » et le « Mieux-être » de chaque citoyen sénégalais par le travail, la productivité et le mérite.

Il est bon également de souligner la médiation du Président du Haut Conseil du Dialogue Social pour un climat social apaisé.

Mes Chers Partenaires Secrétaires Généraux des Centrales Syndicales des Travailleurs,

L’Entreprise vous a entendu… Peur et incertitudes vous animent :

  • Licenciements ;
  • Précarité des emplois ;
  • Pertes d’acquis sociaux.

Mais vous savez bien que le doute est l’ennemi de l’Entreprise…

Vous savez également que la valeur de toute entreprise se mesure à celle de ses employés… Et que si nous avons été à même d’avoir la « Stabilité Sociale » et le « Zéro Grève » dans le secteur privé, c’est parce que nous nous sommes toujours parlés et compris.

Je rappelle, s’il en est encore nécessaire :

  • Que personne ne connait mieux que les Employeurs, les conditions de vie et le pouvoir d’achat des Travailleurs !
  • Que personne ne connait mieux que les Travailleurs, les capacités et les difficultés des Employeurs !

L’Employeur sait à quel point perdre son « Emploi » n’est pas simplement cette rupture d’un contrat de travail, ni cette perte de revenu… Mais bien plus que cela… C’est aussi ce sentiment de perdre sa place dans la société… Cette dignité humaine qui ne peut laisser indifférent tout Employeur-Citoyen.

Le Travailleur sait également à quel point il faut veiller à la pérennité de l’Entreprise… Lorsque l’Entreprise est en difficulté, elle n’a d’autres leviers que de se restructurer en respectant les dispositions du code du travail. Et lorsqu’il est possible à l‘Employeur de mettre en œuvre un plan social d’accompagnement, il le fait.

Monsieur le Premier Ministre,

La santé de notre économie, son endettement, son déficit budgétaire, vous en avez fait part à la Nation.

La noblesse de la gouvernance républicaine, c’est ce pouvoir que vous avez d’écouter, de décider, de réaliser des actes de portée sociale et économique pour le bien de la Nation.

Vos premières directives primatoriales relatives aux réformes et aux urgences socio-économiques ont retenu toute l’attention de l’Entreprise.

Et, nous avons noté que le Temps est désormais à l’action pour sortir de cette « Zone de Turbulence ».

L’Entreprise est fortement éprouvée… Oui…Elle a subi ces dernières années une série de chocs exogènes successifs et sans précédent.

Et pourtant, Elle a fait montre d’une grande résilience en supportant les surcoûts financiers desdits chocs. Mieux, Elle a répondu favorablement aux cahiers des doléances des travailleurs, notamment à travers les hausses du Smig, du Smag, ainsi que des salaires catégoriels.

Cette résilience d’année en année s’est traduite par :

  • Une dette intérieure qui s’amplifie ;
  • Des créances auprès des banques et des fournisseurs qui augmentent ;
  • Des obligations fiscales et sociales de plus en plus difficile à honorer, faute de trésorerie ;
  • Et des dépôts de bilan pour certaines entreprises.

Les Chefs d’entreprise quels que soient leur secteur d’activités et la taille de leur entreprise nous disent que la situation est difficile… Et qu’ils ont sur le dos les impôts, la douane, le contrôle économique et l’inspection du travail…

Les réajustements de notre politique économique et budgétaire, ils les comprennent… Les contraintes de l’Etat également… Cependant même si c’est difficile pour l’Etat, n’oublions pas que le Chef d’entreprise n’a ni les capacités de l’Etat et encore moins les leviers gouvernementaux lui permettant d’agir en conséquence.

Monsieur le Premier Ministre,

Chers Partenaires Secrétaires Généraux des Centrales Syndicales des Travailleurs,

La qualité de notre démocratie sociale est citée en exemple partout dans le monde… Et cela, nous le devons au sens profond de notre tripartisme constructif.

L’ascenseur social si cher aux travailleurs ne peut se prendre sans l’ascenseur économique si cher aux employeurs… C’est l’économie qui nourrit le social.

A cet effet, si le secteur privé est un acteur-clé de l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050, alors on ne saurait se limiter uniquement à un dialogue social tripartite… Ainsi pour l’Entreprise le dialogue public/privé constructif est un impératif.

Le Sénégal ne peut construire sa souveraineté économique sans son secteur privé national, sans ses énergies nationales productrices de richesses.

Les relations entre l’Etat-Stratège et sa grande famille d’entrepreneurs nationaux doivent être bâties sur la confiance, l’engagement, la solidarité, la transparence et le respect mutuel.

L’Entreprise qui prend les risques d’investir, n’est pas une charge pour la Nation… Mais plutôt ce partenaire contributeur fiscal.

Cette Entreprise n’est pas un lieu de privation et de discrimination pour les travailleurs… mais plutôt ce créateur d’emplois qui permet la promotion sociale, l’égalité des chances et la redistribution de revenus décents.

Cette Entreprise-là vous renouvelle sa disponibilité, Monsieur le Premier Ministre.

Oui sa disponibilité pour notre souveraineté économique, alimentaire, numérique et énergétique.

Depuis des années, le secteur privé national demande l’élargissement du contenu local à des secteurs porteurs de croissance, stratégiques et de souveraineté nationale.

Mieux, nous avions proposé à l’Etat la mise en place d’une Loi de portée générale sur le contenu local, permettant ainsi aux départements ministériels concernés de procéder à des déclinaisons réglementaires et juridiques en fonction de la nature du secteur d’activités ciblé.

Aujourd’hui c’est avec une très grande satisfaction que nous accueillons la directive présidentielle relative à la finalisation du projet de Loi sur la souveraineté économique.

Cette Loi nous en avons besoin pour une plus forte intégration de notre secteur productif… Soutenir son secteur privé national se pratique partout dans le monde soit dans le cadre de la législation nationale, soit dans le plus grand silence, mais surtout avec une profonde complicité entre l’Etat et son secteur privé national.

Le Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz !

Toutes les composantes de la Nation y sont représentées Monsieur le Premier Ministre, sauf le Patronat, acteur socio-économique majeur dans la création de richesses et d’emplois durables, mais aussi au regard des impacts de la production pétrolière et gazière dans les entreprises.

Le paiement de la dette intérieure !

Nous savons qu’elle est l’une des priorités du Gouvernement.

Cependant, même si la mobilisation des ressources internes est en cours, l’Entreprise invite les partenaires techniques et financiers à maintenir leurs engagements pour permettre le plus tôt possible l’apurement progressif de la dette intérieure.

Si l’Entreprise a plus de visibilité sur les échéances de paiement, elle peut se réorganiser en conséquence pour maintenir les emplois, pour poursuivre ses activités et ses investissements.

La concertation technique avec la Direction Générale des Impôts et des Domaines !

On nous informe de sa reprise… En effet, celle-ci est d’une grande importance pour plus de civisme fiscal, d’équité, de transparence et d’élargissement de l’assiette.

Si tous les citoyens, si tous les acteurs économiques du secteur informel et du secteur formel paient leurs impôts, la pression fiscale sera moins forte sur les mêmes contribuables.

La problématique des subventions !

Nous pensons que c’est leur soutenabilité au-delà d’une certaine durée qui se pose.

Il est tout à fait normal que l’Etat soutienne les couches les plus vulnérables et vivant dans la précarité.

La question est de savoir si toute la population et tous les acteurs économiques ont besoin d’être subventionnés.

De ce fait, nous sommes pour une approche affectant moins le budget de l’Etat, et ne mettant pas des Entreprises en situation de difficulté.

Monsieur le Premier Ministre,

Vous aimez le Sénégal…

L’Entreprise a noté vos valeurs républicaines empreintes de citoyenneté, d’équité, de rupture, d’engagement, de travail pour un Sénégal souverain et prospère.

Cette nouvelle dynamique patriotique de gouvernance suscite l’espoir de la Nation.

L’Entreprise est à vos côtés pour notre souveraineté nationale, pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens sénégalais, mais elle souhaite également que l’on veille ensemble à sa pérennité.

L’Entreprise est à votre écoute pour que nous puissions avoir prochainement un dialogue plus approfondi et constructif.

Je vous remercie de votre aimable attention.