FORMATION EN CINEMA SENEGALAIS: À Dakar, six jeunes Casamançaises brisent les barrières du cinéma technique
Six jeunes femmes originaires de la Casamance ont reçu, samedi, à Dakar, leur parchemin après deux années de formation aux métiers techniques du cinéma, à l’initiative de la réalisatrice sénégalaise Angel Diabang. Cette initiative vise à renforcer la présence des femmes dans les professions techniques de l’audiovisuel et à favoriser l’émergence de nouveaux talents dans le secteur cinématographique sénégalais.
Elles sont six jeunes femmes originaires de la Casamance à avoir reçu, ce samedi, à Dakar, leur parchemin sanctionnant deux années de formation aux métiers techniques du cinéma. Cette formation est portée par la réalisatrice et productrice sénégalaise Angel Diabang, fondatrice de la société de production Karoninka, dans le cadre du programme Institut Mousso.
Les diplômées sont : Rose Berthe Diédhiou, spécialisée en cinéma expérimental, Mélida Diatta, assistante à la mise en scène, Khadidia Diémé, ingénieure du son, Adama Diouf, spécialisée dans la distribution de films, Liliana Velez Gomez, électro-machiniste, et Bintou Faye, orientée vers la distribution et la vente de films.
Cette formation, dédiée aux jeunes femmes issues du sud du Sénégal, avait pour objectif de leur transmettre des compétences dans plusieurs domaines techniques de la production audiovisuelle, notamment la prise de vue, la prise de son, le montage, l’éclairage et l’organisation de tournage.
Durant deux ans, les bénéficiaires ont suivi un programme intensif combinant enseignements théoriques et exercices pratiques afin de mieux se préparer aux réalités du secteur cinématographique et audiovisuel.
La cérémonie de remise des parchemins s’est déroulée à Dakar, en présence de professionnels du cinéma, de formateurs ainsi que des proches des diplômées. Elle a été marquée par des témoignages et des encouragements à l’endroit de ces jeunes techniciennes appelées à évoluer dans un milieu encore largement dominé par les hommes.
À travers cette initiative, Angel Diabang entend contribuer à renforcer la place des femmes dans les métiers techniques du cinéma tout en offrant des opportunités de formation à des jeunes issues de régions parfois éloignées des grands centres de production audiovisuelle.
Pour les six diplômées, cette formation constitue une étape importante vers leur insertion dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle sénégalaise, avec l’ambition de participer à la création d’œuvres reflétant les réalités de leurs communautés.
« Cette formation constitue une étape décisive pour ces jeunes femmes qui cherchaient leur voie et leur place dans la société. L’Institut Mousso nous a permis de réaliser un rêve. C’est une grande opportunité d’entrer dans un univers qui semblait jusque-là inaccessible aux femmes de la Casamance », s’est réjouie Liliana Velez Gomez, s’exprimant au nom de la première cohorte.
Le délégué général Wallonie-Bruxelles a salué cette initiative inédite portée par la réalisatrice, soulignant que l’Institut Mousso est, à ce jour, le premier centre de formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique de l’Ouest exclusivement dédié aux femmes.
« En ce mois consacré aux droits des femmes, il est particulièrement symbolique qu’un institut dédié aux femmes porte le nom de Mousso, qui signifie femme », a-t-il déclaré, avant de rendre hommage aux bénéficiaires pour leur contribution à la création et à la transmission dans le secteur audiovisuel.
Prenant également la parole, Siga Diouf, responsable genre à l’Inspection d’académie de Ziguinchor, a insisté sur l’importance de telles initiatives pour le système éducatif, dont la mission est de promouvoir l’accès à l’éducation, l’égalité des chances, l’inclusion et la réussite. « La Casamance a ses réalités propres. Il est heureux de célébrer aujourd’hui le début d’un nouveau parcours pour ces jeunes femmes », a-t-elle souligné.
Adama AIDARA

