REJET DE LA LFR 2026: Pour le FDR « Pastef franchit le Rubicon »
Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) durcit le ton après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Dans une déclaration datée de ce mercredu 4 novembre, sa Conférence des leaders accuse le groupe parlementaire de Pastef de privilégier les intérêts partisans et alerte sur les conséquences économiques de cette décision.
« Le Pastef franchit le Rubicon ». Le titre de la déclaration donne la mesure de la réaction du FDR au lendemain du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Pour la coalition de lopposition, le groupe parlementaire majoritaire « a pris une lourde responsabilité devant la nation sénégalaise ». Elle lui reproche davoir agi « en connaissance de cause, et en privant lAssemblée de tout débat à travers une question préalable ».
Le 3 novembre, ladoption de cette motion, introduite par le député Amadou Ba, a entraîné le rejet du texte sans examen au fond. Elle a recueilli 126 voix favorables, contre 20 voix opposées et trois abstentions. Les députés ont notamment invoqué des réserves sur la sincérité des prévisions budgétaires et les arbitrages proposés par le gouvernement.
Alerte sur la crédibilité financière du pays
Le FDR livre une lecture résolument politique de cet épisode. « Ce choix traduit une préférence assumée pour les intérêts partisans au détriment de lintérêt général », dénonce la Conférence des leaders. Tout en estimant que « les moyens existent pour éviter le blocage du pays », elle juge que « le coup porté à la communauté nationale est bien rude ».
La coalition redoute surtout une aggravation des difficultés de financement de lÉtat. Évoquant dans sa déclaration « cinq dégradations de sa note souveraine », elle affirme que le Sénégal « aura assurément plus de mal à attirer les investisseurs et à mobiliser, à des conditions soutenables, les financements de laction publique ».
Ces inquiétudes interviennent alors que le gouvernement défendait la nécessité dajuster le budget à la baisse des recettes et à laugmentation de certaines dépenses. Le projet rejeté prévoyait notamment un déficit de 7,6% du PIB, contre 5,4% dans la loi de finances initiale, ainsi quune réduction de 555 milliards de francs CFA des crédits dinvestissement.
Un appel à conjuguer les forces
Face à cette situation, le FDR entend mobiliser au-delà de ses propres rangs. Il réitère son appel à « toutes les organisations soucieuses du destin du pays », estimant qu« il y a urgence à freiner les dérives dun parti qui met en péril lavenir de la nation ».
La Conférence des leaders invite ainsi à « conjuguer les forces et les intelligences », sans préciser, à ce stade, les formes que pourrait prendre cette mobilisation. Elle conclut sa déclaration par une exhortation : « Le FDR appelle toutes et tous à se mobiliser. Chaque jour compte ! ».
Lamine DIEDHIOU

